Années 70, le mouvement hippie, qui se trouve soudain des similarités avec la pensée de Jésus-Christ, s'approprie totalement l'image et en fait son héros. J.-C. devient alors superstar en 1973. Pour les hippies, Jésus s'habille peu, laisse ses cheveux flotter sur ses épaules. De plus, il a le même slogan qu'eux : « Peace and Love ». Mais souvenons-nous un peu. Il y a deux millénaires de là, lorsque Jésus prononça cette simple phrase, « Aimez-vous les uns les autres », d'aucuns l'ont traité de naïf, d'illuminé. C'est quoi, a-t-on répété au fil des âges, ce message de ralliement qui ne signifie rien ?
Des millions d'hypocrites et d'incrédules plus tard lorsque le slogan « Peace and Love » est apparu inscrit sur les murs, tee-shirts et bandanas ou a été psalmodié dans les chansons et les manifestations, personne n'a trouvé à redire. Ce n'était plus naïf et sot, mais carrément cool ! Il fallait donc faire amende honorable à Jésus-Christ et l'élire comme chef suprême du mouvement hippie.
Jésus-Christ superstar ! Et de là à lui trouver une copine, Marie Madeleine, dans La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, ou des frères dans Da Vinci Code, dans les années 80, il n'y avait qu'un pas. Le voilà franchi. Pour le cinéma, Jésus devenait un homme comme tout le monde en enlevant petit à petit son habit de fils de Dieu.
Fin des années 90, il a fallu qu'un Mad Max arrive derrière la caméra. Chrétien illuminé, Mel Gibson rétablit la figure de Dieu à la mesure de sa souffrance et de son rôle unique dans l'histoire. Qu'on aime son travail ou pas, qu'on croit que le film est bon ou mauvais, parti pris ou non, une seule chose est certaine - et que le cinéaste rappelle à ceux qui l'auraient oublié - que seul quelqu'un qui est capable de donner sa vie pour les hommes peut prétendre être le fils de Dieu. Seul Lui est capable de « Passion ».
Tout le reste n'est que passions. Vaines et stériles.

