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Moyen Orient et Monde

Juppé : « Il faut changer notre regard sur le monde arabe »

Tirant les conclusions de la grande journée d'échanges de l'IMA, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a entamé son discours par un mea culpa de la France sur sa politique passée. « Trop longtemps, a-t-il dit, nous avons pensé que les régimes autoritaires étaient les seuls remparts contre l'extrémisme dans le monde arabe. Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l'égard de gouvernements qui bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays. » Laissant entrevoir une nouvelle politique arabe de la France, axée sur la défense des droits de l'homme et l'aide au développement, il a ajouté : « C'est vrai, par le passé, retenus notamment par la crainte de la menace fondamentaliste, nous avons parfois hésité à réagir face à certaines atteintes. »
« Nous, français, pensions très bien connaître ces sociétés avec lesquelles nos liens sont anciens et solides. Mais le "printemps arabe" nous a montré que nous en ignorions des pans entiers », a-t-il poursuivi. Évoquant les traditions d'ouverture du monde arabe, depuis les premiers califats jusqu'à la Nahda arabe, en passant par l'âge d'or de l'Andalousie, Alain Juppé a souligné : « La flamme de la liberté se propage dans toute la région. Ce printemps arabe ne doit pas nous faire peur, il est le fruit d'un courage hors du commun. Pour nous, il est un immense espoir, mais c'est aussi un immense défi. »
Soulignant que « nous devons tous nous mobiliser pour assurer la réussite de la transition politique », il a exprimé la volonté de la France de « changer notre regard sur le monde arabe » et appelé ses ambassadeurs à dialoguer dans les pays où ils sont en poste « avec tous ceux qui respectent les règles du jeu démocratique et bien sûr le principe fondamental du refus de toute violence ».
« Ce dialogue, a-t-il ajouté, je souhaite qu'il s'ouvre sans complexe avec les courants islamistes dès lors que les principes que je viens d'évoquer, les règles du jeu démocratique, sont respectés. » Il a souligné la volonté de la France de « veiller au respect des droits fondamentaux de l'homme », en utilisant tous les moyens à sa disposition pour y contribuer, « notamment des sanctions, pour les cas extrêmes et avec une autorisation du Conseil de sécurité », tout en rappelant le principe énoncé par les Nations unies selon lequel les gouvernants ont le devoir de protéger leur peuple contre toute répression. Il a enfin appelé à « élargir le spectre des interlocuteurs à l'ensemble de la société civile », comme il l'a fait lui-même lors de son déplacement en mars en Égypte qui l'a tant marqué.
Enfin il a souhaité « accompagner les pays de la rive sud dans leur transition démocratique ». D'une part, a-t-il précisé, « nous pouvons partager notre expérience et notre expertise en matière de droit constitutionnel, de systèmes politiques, de libertés publiques ou encore de liberté de la presse ». D'autre part, la France peut mobiliser l'Union européenne pour renforcer son soutien économique et financier, et en consacrant 20 % de l'aide publique au développement aux pays arabes riverains de la Méditerranée.
Alain Juppé a en outre évoqué le conflit israélo-palestinien en affirmant que « au cours des prochains mois, l'idée d'un État palestinien démocratique, viable, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l'État d'israël, doit quitter le registre de l'incantation pour devenir une réalité ».
M. Juppé n'a pas oublié de mentionner le Liban, en soulignant : « Nous avons besoin d'un Liban libre, souverain, qui soit dans la région un exemple de la coexistence pacifique de toutes les communautés et un point de stabilité. »

Tirant les conclusions de la grande journée d'échanges de l'IMA, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a entamé son discours par un mea culpa de la France sur sa politique passée. « Trop longtemps, a-t-il dit, nous avons pensé que les régimes autoritaires étaient les seuls remparts contre l'extrémisme dans le monde arabe. Trop longtemps, nous avons brandi le prétexte de la menace islamiste pour justifier une certaine complaisance à l'égard de gouvernements qui bafouaient la liberté et freinaient le développement de leur pays. » Laissant entrevoir une nouvelle politique arabe de la France, axée sur la défense des droits de l'homme et l'aide au développement, il a ajouté : « C'est vrai, par le passé, retenus notamment par la crainte de la menace fondamentaliste, nous avons parfois hésité...
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