Mais dès hier matin, des tirs particulièrement intenses sur la porte ouest d'Ajdabiya indiquaient que les forces pro-Kadhafi étaient revenues à moins de 20 km de cette ville, poussant certains rebelles et les habitants restés dans la ville à fuir par centaines. En milieu d'après-midi, les rebelles étaient déployés sur les grandes artères de la ville, érigeant des barricades pour ralentir les troupes loyales à Kadhafi en cas d'incursion. À l'hôpital d'Ajdabiya, le corps médical ne dénombrait qu'un seul blessé en fin de journée. Il n'était pas clair non plus en fin d'après-midi à quelle distance étaient positionnées les forces kadhafistes. Certains rebelles ont dénoncé hier la passivité des forces de l'OTAN à Ajdabiya. Mais selon l'un d'entre eux, cette inaction de l'Alliance est surtout due à la tempête de sable qui balayait la région et au ciel couvert. Un journaliste sur place a aussi vu des rebelles placer des mines antichars à la sortie nord-est d'Ajdabiya, dans le sable sur les bords de la route menant à Benghazi.
À Misrata (Ouest), les combats ont repris de plus belle en milieu de journée où les loyalistes seraient de plus en plus isolés. Les insurgés ont affirmé avoir conquis des positions des forces pro-Kadhafi dans la nuit. Dans l'hôpital de la ville, les médecins ont indiqué avoir reçu beaucoup plus de patients hier. Les rebelles de Misrata, nettement plus organisés que dans la plupart des autres villes tenues par l'opposition, avaient déjà détruit samedi quatre chars dissimulés dans des maisons pour éviter les tirs de l'OTAN. Samedi aussi, le principal hôpital de la ville avait évoqué un bilan de six morts et 31 blessés. Les restes de bombes à sous-munitions étaient visibles dans différents quartiers. Le régime a fermement démenti avoir utilisé ces armes, interdites depuis 2010.
Sur le plan humanitaire, une dizaine de milliers de migrants, notamment égyptiens et nigériens, attendent toujours leur évacuation dans un camp de fortune installé près du port de Misrata, dans des conditions particulièrement précaires, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Deux bateaux affrétés par l'OIM prévoient de faire des navettes entre Misrata et Benghazi. Un bateau s'apprêtait à accoster pour embarquer un millier de réfugiés, « en priorité les plus vulnérables, ceux originaires d'Afrique de l'Ouest, notamment du Tchad et du Niger, qui sont les moins bien soignés par la population », selon Jeremy Haslam, qui dirige cette opérations pour l'OIM. Plus à l'ouest encore, des habitants de Nalout, près de la frontière tunisienne, sont venus à Zenten pour chercher des renforts. Ils ont fait état de violents combats alors que les forces pro-Kadhafi tentent de bloquer complètement la frontière, officiellement fermée mais encore poreuse par endroits. Environ 3 000 Libyens ont fui samedi les montagnes de l'ouest de leur pays pour rejoindre la Tunisie, a indiqué le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).
Washington cherche un pays d'accueil pour Kadhafi
Hier, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé qu'il y avait « un certain risque » que le conflit « puisse durer » parce que le dirigeant libyen et son pays n'étaient pas « totalement prévisibles ». Le Premier ministre britannique David Cameron a répété qu'il n'était « pas question d'une invasion ou d'une occupation ». « Il ne s'agit pas d'envoyer des soldats sur le terrain », a-t-il asséné, précisant que cette restriction rendait les choses « plus difficiles ».
Par ailleurs, selon le New York Times, le gouvernement américain recherche activement un pays susceptible d'accueillir M. Kadhafi, sans avoir à le livrer s'il était poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour les violences contre son peuple. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a, lui, déclaré qu'il fallait « maintenir la pression militaire » en Libye et affirmé que le départ de Mouammar Kadhafi était « le but principal » de la coalition. Enfin, le président sud-africain Jacob Zuma, membre de la commission de médiation de l'Union africaine (UA) entre le gouvernement et les insurgés libyens, a téléphoné à M. Kadhafi, a rapporté la télévision nationale libyenne sans fournir de précisions sur la date et le contenu de l'échange.
(Source : agences)


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