À Taëz, les manifestants ont protesté dans le calme, brandissant notamment un portrait de Che Guevara. Khaled Abdullah/Reuters
Le Forum commun fait du départ de M. Saleh - principale revendication du mouvement de protestation sans précédent entamé fin janvier dans la foulée des révoltes populaires qui secouent le monde arabe - un préalable à tout règlement politique. Mais la dernière proposition du CCG prévoit que le président Saleh procède à un simple transfert de ses prérogatives au vice-président. M. Saleh, qui a perdu le soutien d'une partie de l'armée, de tribus puissantes et de dignitaires religieux, se dit prêt à un « transfert pacifique du pouvoir, mais dans le cadre de la Constitution ». Il n'a montré aucun signe d'un éventuel départ rapide. Vendredi, il a répété qu'il représentait « la légitimité constitutionnelle », devant des dizaines de milliers de ses partisans rassemblés à Sanaa.
Pour tenter de rapprocher les deux parties, des diplomates américains et européens ont eu des contacts avec le Forum commun ces derniers jours à Sanaa, selon un diplomate occidental qui a requis l'anonymat. « Le Forum commun a obtenu des assurances américaines et européennes sur le succès de l'initiative du CCG, notamment par un départ rapide du président Saleh », a expliqué le diplomate. Les États-Unis, qui redoutent le chaos au Yémen où le réseau el-Qaëda est très actif, ont apporté leur soutien à la médiation du CCG, estimant qu'un dialogue sur une transition politique était « nécessaire de toute urgence ». « Le calendrier et la nature de cette transition devront être déterminés via la négociation », avait ajouté le département d'État.
Mais l'opposition yéménite exclut pour le moment tout dialogue avec le régime et a menacé samedi de ne pas se rendre à Riyad si un émissaire du gouvernement était présent dans la capitale saoudienne. « Nous irons à Riyad à condition qu'il n'y ait aucune délégation, aucun représentant du gouvernement de Sanaa dans la capitale saoudienne pour ne pas donner l'impression qu'il y aura des négociations », avait dit M. Bassandawa. « Aucun représentant du gouvernement ne se rendra aujourd'hui à Riyad », a affirmé de son côté une source proche du gouvernement.
Au Yémen, plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté hier dans plusieurs villes du pays pour réclamer le départ du président. Des heurts ont éclaté à Sanaa quand les forces de sécurité ont ouvert le feu et fait usage de gaz lacrymogène contre les manifestants, faisant au moins 22 blessés. Les protestataires de Sanaa ont distribué un communiqué appelant les commerces à observer une grève de quatre heures dans la capitale ce matin puis mercredi pour appuyer leurs revendications. Scandant des slogans appelant au départ du président et à des poursuites judiciaires à son encontre, les protestataires ont défilé dans le calme à Taëz, Ibb, au sud de Sanaa, et à Hodeïda, sur la mer Rouge, selon des participants.
Par ailleurs, 14 personnes soupçonnées d'être impliquées dans une attaque contre des manifestants qui a fait 52 morts en mars à Sanaa ont été présentées au parquet, a annoncé un porte-parole du ministère de l'Intérieur cité hier par l'agence Saba. Trente autres suspects devront être interrogés par le juge d'instruction dans le cadre de l'enquête, a-t-il ajouté.
(Source : AFP)


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