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Nos lecteurs ont la parole

Je rêve sans doute les yeux ouverts

Stéphanie BAZ
Travaillant pour Monsieur Europe (Jacques Delors - NDLR) depuis quelque temps, je me prends souvent à rêver les yeux ouverts d'une sorte d'Union européenne pour notre région. L'écoutant raconter ses années de présidence à la Commission, son parcours politique étonnant et, surtout, l'origine de son sentiment européen, je me demande souvent si cette fabuleuse aventure pourrait s'appliquer à notre région. Pour lui, l'envie d'une Europe unie vient de son père mutilé à 90 % lors de la guerre de 14-18 : non rancunier, le mutilé décida en effet de prôner « la réconciliation » pour les pays de la vieille Europe. Et le fils d'écouter le paternel, se chargea de 1985 à 1995 de relancer le magnifique projet de paix initié par l'appel de Robert Schuman en 1950. Comme il me le dit souvent, l'Europe s'est construite à l'image de la ligne de conduite proposée par la philosophe Hannah Arendt « le pardon et la promesse ».
Alors de mon côté, je rêve les yeux ouverts. Je rêve d'un projet aussi fou et difficilement réalisable, je vous l'accorde, pour mon pays et ses voisins. À l'heure des soulèvements arabes, des révolutions plus ou moins douces entamées en ce début d'année 2011 et saluées par le monde entier, je rêve qu'on aille beaucoup plus loin. Sans aller jusqu'à l'union totale, pourquoi ne pas imaginer une entraide commune en s'efforçant de mettre en commun les forces de chacun et en tentant de gommer les faiblesses des uns et des autres ? Nous vivons sur des terres chargées d'histoire et remplies de merveilles, trop souvent délaissées au profit de guerres à répétition et de tensions continuelles. Alors, oui, souvent j'en rêve. Qu'on pardonne et qu'on promesse quelque chose de plus grand encore.
En attendant, l'autre jour Monsieur Europe me parlait des prémices de la construction de l'UE et en se justifiant de tout ce qui ne fonctionne pas bien - parce qu'il faut être réaliste, tout ne fonctionne pas forcément bien - tant d'années et de siècles de guerres sanglantes, ils avaient décidé de dire stop. Et de choisir pour les peuples d'Europe une meilleure qualité de vie. Une entente cordiale, une ouverture des frontières, un partage des compétences... Alors j'en rêve aussi. Égoïstement, j'en rêve pour nous. Je pense aux miens, en me disant que si, au lieu d'être en permanence dans cet état de tension, on décidait de choisir la réconciliation comme ligne de conduite ? Et si on acceptait que chacun d'entre nous soit différent de son voisin mais complémentaire ? Oui je sais, je rêve sans doute un peu trop les yeux ouverts. Mais parfois, je pense qu'il faut essayer de confondre ses rêves avec la réalité.

Stéphanie BAZ
Travaillant pour Monsieur Europe (Jacques Delors - NDLR) depuis quelque temps, je me prends souvent à rêver les yeux ouverts d'une sorte d'Union européenne pour notre région. L'écoutant raconter ses années de présidence à la Commission, son parcours politique étonnant et, surtout, l'origine de son sentiment européen, je me demande souvent si cette fabuleuse aventure pourrait s'appliquer à notre région. Pour lui, l'envie d'une Europe unie vient de son père mutilé à 90 % lors de la guerre de 14-18 : non rancunier, le mutilé décida en effet de prôner « la réconciliation » pour les pays de la vieille Europe. Et le fils d'écouter le paternel, se chargea de 1985 à 1995 de relancer le magnifique projet de paix initié par l'appel de Robert Schuman en 1950. Comme il me le dit souvent, l'Europe s'est construite à...
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