À Ajdabiya, ville où ont lieu de rudes combats avec les forces pro-Kadhafi, des rebelles se reposent. Odd Andersen/AFP
L'OTAN a, de son côté, annoncé avoir détruit onze chars des troupes du colonel Kadhafi qui s'approchaient de cette ville considérée comme « un verrou » stratégique contrôlant l'accès à l'Est libyen et à Benghazi, fief des insurgés. L'Alliance atlantique a également mené plusieurs raids à Misrata, dans l'ouest du pays, pour venir en aide aux rebelles. Misrata est une ville rebelle assiégée et bombardée depuis un mois et demi par les forces gouvernementales. Selon un médecin de la ville joint par l'AFP, les combats y ont fait au moins 11 morts depuis le début du week-end. La Croix-Rouge internationale a, quant à elle, exprimé son inquiétude au sujet des 6 000 à 7 000 réfugiés originaires d'Égypte, du Soudan, du Tchad et d'autres pays bloqués dans le port libyen assiégé de Misrata.
« La situation à Ajdabiah et, particulièrement à Misrata, est désespérée pour les Libyens qui sont bombardés par le régime (de Kadhafi). Pour contribuer à protéger ces civils, nous continuons à bombarder durement les forces », a souligné le général canadien Charles Bouchard, qui dirige les opérations de l'OTAN en Libye, dans un communiqué.
Délicate médiation
Pour tenter de trouver une issue diplomatique au conflit qui fait rage depuis mi-février, une délégation de cinq chefs d'État de l'Union africaine comprenant le président sud-africain Jacob Zuma et ses homologues Amadou Toumani Touré (Mali), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) et Denis Sassou Nguesso (Congo), ainsi que le ministre ougandais des Affaires étrangères, Henry Oryem Okello, est arrivée à Tripoli hier soir. Mouammar Kadhafi les a reçus sous sa tente dans sa résidence de Bab el-Aziziya. À l'issue de l'entrevue, les membres de la délégation ont posé pour les photographes devant la tente, sans faire de déclaration. Réunis samedi à Nouakchott, les médiateurs avaient réaffirmé les objectifs de leur mission : « Cessation immédiate de toutes les hostilités », acheminement de l'aide humanitaire et ouverture d'un dialogue entre le régime et l'insurrection. Après Tripoli, la délégation devait se rendre à Benghazi pour tenter de convaincre l'insurrection de baisser les armes. L'entreprise s'annonce délicate, les chefs de la rébellion ayant rejeté tout cessez-le-feu impliquant le maintien au pouvoir de M. Kadhafi ou de ses fils.
« Version libyenne » de la démocratie
Dans la nuit de samedi à dimanche, le gouvernement libyen a, par ailleurs, tenté de montrer un visage réformiste en annonçant une nouvelle Constitution présentée comme la « version libyenne » de la démocratie. Lors d'une présentation du projet la presse étrangère, les dirigeants libyens n'ont pas précisé le rôle que Mouammar Kadhafi allait être appelé à jouer à l'avenir, ni la nature du système politique qu'ils envisagent de mettre en place.
Le Livre vert, recueil des pensées de Kadhafi publié dans les années 1970, fait actuellement office de Constitution en Libye, dont le nom officiel est « Grande Jamahariyah arabe libyenne socialiste et populaire ». Son système politique opaque - Jamahariyah signifie « État des masses » - est dénoncé par les insurgés qui tentent de renverser le régime du guide de la révolution au pouvoir depuis 1969.
« Nous espérons que la Constitution sera adoptée très prochainement », a déclaré Khaled Kaim, vice-ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse destinée à la presse étrangère.
( Source : agences)


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