Un convoi de l’Onuci patrouillant dans Abidjan. Basile Zoma/ONU/AFP
« Les troupes de l'Onuci ont encadré dans un quadrilatère limité les derniers défenseurs de l'ancien président Laurent Gbagbo et contrôlent les deux ponts principaux qui assurent la liaison entre le nord et le sud d'Abidjan », a déclaré à Paris le ministre de la Défense, Gérard Longuet, devant le Sénat. Un porte-parole de l'ONU à Abidjan a déclaré que l'Onuci avait dépêché des soldats dans le quartier de Cocody, où M. Gbagbo passe pour être retranché dans un bunker fortement défendu, mais qu'elle n'avait pas l'intention d'intervenir. Dans la nuit, des hélicoptères de la force française Licorne ont frappé des véhicules du camp Gbagbo lors d'une mission qui a permis de secourir l'ambassadeur du Japon en Côte d'Ivoire. Les Français sont intervenus après l'intrusion de soldats de M. Gbagbo dans la résidence où l'ambassadeur Yoshifumi Okamura s'était abrité dans une pièce sécurisée avec sept employés et agents de sécurité, a déclaré le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français. Des hélicoptères français ont également détruit deux pick-up armés qui tentaient de pénétrer dans la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan, a dit Gérard Longuet.
Ces raids ont eu lieu alors que les forces de M. Ouattara continuaient d'assiéger la résidence de M. Gbagbo après avoir tenté sans succès de le déloger de son bunker mercredi, leur assaut ayant été repoussé par des tirs d'armes lourdes. Une semaine après l'arrivée des combattants de M. Ouattara dans la capitale économique ivoirienne, des tirs sporadiques ont retenti autour du palais présidentiel de M. Gbagbo, dans le quartier du Plateau. La résidence personnelle où il est défendu par sa garde se trouve dans une impasse du quartier de Cocody. On n'observait toutefois aucun signe avant-coureur d'un assaut important des combattants de M. Ouattara. Gérard Longuet a déclaré que M. Gbagbo disposait encore d'un millier d'hommes, dont 200 à sa résidence. Parmi eux figurent des membres de la garde républicaine et de jeunes miliciens munis d'armes lourdes. Selon des analystes, les forces de M. Ouattara risquent de peiner face aux défenseurs du président sortant si elles ne sont pas épaulées par les troupes de la France et de l'ONU. Mais pour Martin Roberts, expert auprès du groupe IHS Global Insight, une trop grande dépendance de M. Ouattara envers les Occidentaux pourrait valoir une « crise de légitimité au nouveau régime ».
Les combats livrés depuis une semaine pour le contrôle de la ville ont terrifié les habitants qui peinent à trouver de l'eau et de la nourriture. Les coupures de courant sont fréquentes et les hôpitaux croulent sous les blessés.
Sur le plan diplomatique, la France est à la pointe des négociations visant à persuader M. Gbagbo de céder le pouvoir à M. Ouattara. La chute de Laurent Gbagbo « interviendra inévitablement dans (...) je ne vais pas dire les heures ou les jours qui viennent, je suis prudent », a déclaré hier le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Touré Moussa, commandant des forces de M. Ouattara, a dit que des pourparlers continuaient avec le camp de M. Gbagbo, mais M. Juppé a paru minimiser la chose en soulignant que le blocage durait depuis quatre mois et que l'on avait consacré beaucoup de temps aux efforts de médiation.
(Source : Reuters)


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