Selon l'acte d'accusation présenté lundi à huis clos par le tribunal de Beersheva (Sud), M. Seessi est notamment inculpé pour avoir « développé et diversifié de 2002 à 2008 le potentiel des roquettes du Hamas, augmenté leur portée et leur force de pénétration antiblindage » pour le compte des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement. Sous la direction du prévenu, au cours des cinq dernières années, la portée moyenne des roquettes Kassam de fabrication artisanale du Hamas est passée de 6 à 22 km, et la puissance de pénétration des roquettes antichars produites à Gaza est désormais de 26 cm, contre 6 auparavant, selon des données techniques que les médias israéliens ont été autorisés à publier. Toujours selon l'acte d'accusation, M. Seessi est un ingénieur en électricité de l'Académie du génie militaire de Kharkov (Ukraine) où il aurait notamment été formé par le professeur Konstantin Petrovich à la mise au point et au contrôle des systèmes de missiles Scuds. Il répond aussi d'« activités au sein d'une organisation terroriste, et de centaines de tentatives de meurtres de civils et de militaires israéliens ». La justice israélienne lui reproche en outre d'« avoir créé et dirigé, à la demande du Hamas, une académie militaire » à Gaza, après l'opération israélienne « Plomb durci » (décembre 2008/janvier 2009). L'avocate du prévenu, Me Semadar Ben Nathan, a reconnu que son client « a fait certains aveux », mais qu'ils ont été obtenus « sous d'intenses pressions qui, selon moi, relèvent de la torture ».
M. Seessi s'est retrouvé en Israël il y a environ six semaines dans des circonstances non élucidées, après avoir disparu dans la nuit du 18 au 19 février dans un train reliant Kharkiv (est de l'Ukraine) à Kiev où il devait rencontrer son frère, selon le magazine allemand Der Spiegel. Selon un porte-parole du Hamas, cet ingénieur, directeur technique de l'unique centrale électrique de la bande de Gaza, « n'a aucune relation avec le mouvement », et « toutes les accusations contre lui sont sans fondement ».
Marié à une Ukrainienne et père de six enfants, M. Abou Seessi, 42 ans, n'a cessé de clamer son innocence. « Je suis innocent et ne suis pas lié aux opérations (militaires du Hamas) contre Israël », a-t-il affirmé au tribunal. Il a aussi nié tout lien avec le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006 par des groupes armés palestiniens et détenu au secret dans la bande de Gaza. Toujours selon l'acte d'accusation, M. Seessi aurait été en contacts étroits avec certains des chefs militaires les plus importants du Hamas, notamment Salah Shadah ou Adnane al-Roul assassinés dans des raids ciblés israéliens, ou encore Mouhammad Deif, Ahmad Randur et Ahmad Jabari.
Sur le terrain, un Palestinien a été tué hier par des tirs israéliens dans le nord de la bande de Gaza, a-t-on indiqué de sources médicales palestiniennes. Selon le chef des services médicaux de Gaza, Adham Abou Selmiya, la victime, Mohammad Ziyad Shalha, était âgée de 21 ans. Selon une porte-parole de l'armée israélienne, des soldats ont ouvert le feu sur un « homme armé ».
(Source : AFP)


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