Pour l'heure, aucun pays n'a pris l'initiative de fournir des armes aux rebelles libyens./
Cette résolution permet aux pays membres de "prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils" et donne donc, selon les États-Unis et la Grande-Bretagne, la possibilité d'aider les rebelles en leur fournissant des armes.
Mais la Libye est soumise à un embargo sur les armes par le Conseil de sécurité qui a voté, dès le 16 février dernier, la résolution 1970 en ce sens.
"Beaucoup de pays s'opposeraient certainement à toute tentative d'interprétation de la résolution 1973 qui déboucherait sur une autorisation de livraison d'armes", prévient un diplomate de haut rang de l'ONU sous couvert d'anonymat.
Et Philippe Sands, un expert en droit international à l'University College de Londres, de renchérir : "il serait vraiment curieux" que le Conseil de sécurité renforce l'embargo sur les armes tout en autorisant des livraisons d'armes dans le but de protéger les civils.
"La meilleure interprétation de la résolution 1973 est qu'elle ne permet pas de fournir en armes quiconque est impliqué dans le conflit", dit-il.
"Quiconque veut être en mesure de fournir des armes aux rebelles devrait au préalable retourner devant le Conseil de sécurité ou son Comité des sanctions et recevoir une autorisation claire", souligne M. Sands.
Philippe Moreau Defarges, expert en droit international de l'Institut français des Relations Internationales (IFRI), est tout aussi clair. Selon lui, la résolution 1973 n'autorise pas les fournitures d'armes aux rebelles libyens.
Mais il ajoute que cela ne devrait pas empêcher les pays de décider de procéder à ces livraisons.
"L'histoire des relations internationales montre que dans ces cas-là, les États peuvent toujours justifier ces fournitures. Dans le cas présent, ils vont dire que Kadhafi était un tyran qui commettait des crimes contre son propre peuple. Ils diront qu'il était du devoir de tous les pays civilisés d'apporter une aide", commente-t-il.
Pour l'heure, aucun pays n'a pris l'initiative de cette décision et le chef de l'OTAN, le Danois Anders Fogh Rasmussen, a indiqué jeudi qu'il était opposé à un tel scénario.
Le président des États-Unis Barack Obama a préféré mardi botter en touche, tout en précisant qu'une évaluation du rapport de forces entre les rebelles et le régime de Mouammar Kadhafi était en cours.
Interrogé sur la possibilité de voir les États-Unis fournir des armes aux forces de l'opposition, M. Obama a répondu : "je ne l'exclus pas. Mais je ne dis pas non plus que cela va se faire".
La France, par la voix du chef de sa diplomatie Alain Juppé, s'est dit mardi prête à discuter de la question avec ses alliés, tout en soulignant que ce n'était pas prévu par les récentes résolutions de l'ONU sur ce pays.


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