L’obstacle majeur au développement des industries créatives réside dans le fait que les entrepreneurs ont du mal à communiquer avec les investisseurs.
Le programme de soutien aux jeunes entrepreneurs Bader et le British Council ont organisé mercredi soir, en collaboration avec l'École supérieure des affaires (ESA), une conférence autour de l'investissement dans les industries créatives, animée par la consultante britannique Sarah Thelwall, spécialiste des industries créatives en Grande-Bretagne.
Prenant la parole, le directeur de l'ESA Stéphane Attali a loué la diversité culturelle dont jouit le Liban, un avis partagé par Barbara Hewitt, directrice du British Council, qui a souligné une « réelle volonté de la part des entrepreneurs et des investisseurs de rendre les industries créatives au Liban plus attrayantes ».
Rappelons à cet égard que selon un rapport de la Cnuced, l'économie créative au Liban représente quelque 4,8 % du PIB, contre une moyenne globale de 7 %. En Grande-Bretagne, l'économie créative génère 63 milliards de pounds par an, a indiqué Sarah Thelwall. Ces industries possèdent un certain nombre d'avantages, a expliqué l'experte, comme par exemple qu'une entreprise créative peut être fondée « sans avoir recours à de gros moyens et se développer grâce notamment à des actifs incorporels ». L'experte britannique a en outre mis l'accent sur la facilité d'exporter ses idées à l'international, et le fait que les créateurs, généralement les jeunes, n'ont pas besoin de poursuivre de hautes études de gestion pour concrétiser des projets propres à cette industrie. Sarah Thelwall a également souligné les coûts peu élevés à l'entrée sur le marché de l'entreprenariat créatif.
Toutefois, et malgré les avantages des industries créatives, plusieurs entrepreneurs n'ont aucune notion des affaires et une connaissance boiteuse « des chiffres », a déploré Sarah Thelwall. « Ces lacunes sont parfois doublées d'une arrogance particulière des créatifs, qui pensent souvent que la créativité seule suffit pour lancer un produit ou un service », ajoute-t-elle. Cette consultante qui a, à son actif, une dizaine d'années d'expérience dans le domaine de l'entreprenariat créatif a souligné en outre qu'un des obstacles majeurs au développement de ce créneau réside, non pas dans l'accès au financement, mais plutôt dans le fait que les entrepreneurs ont du mal à communiquer avec les investisseurs qui, à leur tour, ne semblent pas toujours saisir les normes et les complexités des secteurs créatifs.
Au Liban, une prise de conscience de la capacité des industries créatives à produire des richesses commence à se manifester auprès de certaines institutions, ont souligné les participants à la conférence. Ainsi, selon le directeur général de Bader Antoine Abi Samra, la société semi-étatique Kafalat, qui fournit des prêts aux petites et moyennes entreprises, a déjà octroyé des garanties financières de 128 millions de dollars à des entreprises créatives. Le nombre de ces prêts représente 15,5 % du total des prêts octroyés. Et d'ajouter : « La créativité naît du chaos. » Au Liban, le terrain est donc plus que fertile...


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