Alors que Washington affichait sa « préoccupation » et que l'ONU demandait au nouveau régime de « démontrer » la pureté de ses intentions, les Birmans s'arrachaient les journaux et découvraient un gouvernement dominé par des militaires en retraite, avec une forte présence de l'équipe sortante.
Les gens « ne pensent pas qu'il y aura des changements dans le pays car ils ont simplement changé d'uniforme, résume un chef d'entreprise. Nous avons beaucoup d'attentes, mais peu d'espoirs. »
Le Conseil d'État pour la paix et le développement (SPDC), qui présidait aux destinées du pays, a été officiellement dissous mercredi. Et son chef, le redouté généralissime Than Shwe, au pouvoir depuis 1992, a renoncé à son titre de chef des armées tandis que le président Thein Sein prêtait serment. Le rôle du dictateur sortant demeure des plus flous. Mais la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute) de l'opposante Aung San Suu Kyi, complètement marginalisée depuis qu'elle a boycotté les élections de novembre, a « pris acte de la formation du nouveau gouvernement » et exprimé le vœu « d'entamer un dialogue ». La Force démocratique nationale (NDF), fondée par des dissidents de la LND opposés au boycott, a pour sa part qualifié de « très significatif » le premier discours de Thein Sein, axé notamment sur la santé et l'éducation.
« Il faut s'abstenir de toute pensée rationnelle et de toute connaissance empirique pour ressentir le moindre optimisme », a toutefois persiflé Maung Zarni, expert birman de la London Schools of Economics, en dénonçant des « changements cosmétiques ». Mais d'autres analystes assurent qu'au totalitarisme de Than Shwe succédera un régime autoritaire composé de plusieurs personnalités qui se contrôleront mutuellement. De quoi rendre possible une évolution, certes lente, mais en rupture avec l'immobilisme des 20 dernières années. « J'ai parlé avec mes amis et beaucoup de responsables du gouvernement espèrent des changements », a admis, sous le couvert de l'anonymat, un haut fonctionnaire.
(Source : AFP)


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