« On doit être plus qu'attentif sur cette banalisation d'un vote d'extrême droite », a réagi hier le ministre du Budget et porte-parole du gouvernement François Baroin, appelant à « mettre un terme à tous ces débats » sur l'islam et la laïcité, pourtant à l'initiative du parti majoritaire UMP (Union pour un mouvement populaire). L'UMP cherche à lancer, depuis quelques semaines, un débat national sur la laïcité et l'islam, après une grande concertation sur l'identité nationale qui avait tourné court l'an dernier et donné lieu à des dérapages racistes, dans un pays qui compte cinq à six millions de musulmans. François Baroin, s'il a contenté l'aile centriste et modérée de l'UMP, s'est immédiatement attiré une mise au point de Nicolas Sarkozy et de son entourage, convaincus depuis des mois que la prochaine présidentielle se jouera clairement à droite. « Le président a dit "Il faut que ce débat ait lieu" », ont affirmé des responsables de l'UMP après une réunion avec Nicolas Sarkozy, qui a également mis en garde contre une division du parti, bousculé par la percée de l'extrême droite dimanche aux élections cantonales (niveau départemental).
Le FN, très pénalisé par le mode de scrutin majoritaire, n'a eu que deux élus (sur environ 2 000 cantons), dans le sud de la France, mais tous les candidats présents au second tour ont nettement progressé. Au premier tour, le FN avait réalisé 15 % et montré que son implantation était désormais clairement nationale. Dimanche, en n'étant présent que dans un tiers des cantons, il a remporté 11,6 % des voix. Le Parti socialiste (PS) a obtenu un score de 35 %, loin devant l'UMP (20 %).
Les doutes à droite sur la stratégie de Nicolas Sarkozy se nourrissent aussi d'un sondage publié dimanche soir, dévastateur pour le président français. Il serait éliminé au premier tour de la présidentielle, avec 17 %, contre 21 % pour Marine Le Pen et jusqu'à 34 % pour le candidat socialiste, s'il s'agit de Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
Les socialistes se gardaient hier de tout triomphalisme. Leur projet politique reste flou et leur candidat ne sera en principe désigné qu'en octobre par des primaires, les prétendants devant se faire connaître avant juin.
(Source : AFP)


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