Contesté depuis des semaines, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, s'est dit prêt vendredi à remettre le pouvoir entre "des mains sûres" pour éviter un bain de sang. /
Le chef de l'État a toutefois démenti l'imminence d'un accord sur un transfert du pouvoir, ajoute la chaîne de télévision à laquelle il a accordé une interview. L'opposition a, selon lui, revu ses exigences à la hausse après l'ouverture des négociations.
Un peu plus tôt, le ministre des Affaires étrangères Aboubaker al Kirbi avait affirmé qu'un accord sur une transition pacifique, qui reprendrait l'offre du président Saleh de démissionner dès la fin de l'année, aurait pu intervenir dès ce samedi.
La perspective d'une issue rapide au mouvement de contestation qui agite le Yémen depuis janvier a été aussi nuancée par le chef de la coalition de l'opposition qui a fait savoir que les divergences restaient fortes entre les deux camps.
"J'espère que ce sera pour aujourd'hui samedi, avant demain", a déclaré à Reuters al Kirbi, qui dirige à titre intérimaire le ministère des Affaires étrangères.
"Je pense que le calendrier est une chose qui peut être négocié", a-t-il ajouté.
Contesté depuis des semaines, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, s'est dit prêt vendredi à remettre le pouvoir entre "des mains sûres" pour éviter un bain de sang.
Kirbi a précisé qu'un éventuel accord se baserait sur la dernière concession du président yéménite, qui a proposé de démissionner d'ici la fin de l'année après des élections anticipées et l'élaboration d'une nouvelle constitution.
"Le président Saleh est prêt à examiner toutes les possibilités à condition qu'il y ait des engagements véritablement sérieux du JMP (coalition de l'opposition) à engager un dialogue sérieux", a poursuivi le ministre.
De sources politiques yéménites, on indique que deux canaux de négociations ont été ouverts pour tenter de parvenir à une transition pacifique.
Des discussions devraient avoir lieu ce samedi entre le Congrès populaire général, parti au pouvoir, et la principale formation de l'opposition, a confirmé Kirbi, qui estime qu'elles sont très près d'aboutir "si l'intention véritable est bien de parvenir à un accord".
"Mais si des camps veulent jouer l'obstruction, alors bien sûr on ne peut rien prédire", a-t-il ajouté.
L'OPPOSITION FAIT ÉTAT DE DIVERGENCES
Le chef de la coalition de l'opposition, Yassin Noman, a indiqué qu'il restait des divergences importantes entre les deux camps et que s'il y avait eu des contacts, il ne s'agissait pas de négociations.
"Il y a encore un grand fossé", a déclaré Noman. "Je pense qu'il (Saleh) est en train de manoeuvrer."
La pression s'est accentuée sur Saleh, allié des Occidentaux dans la lutte contre el-Qaëda, depuis que des tireurs embusqués ont tué 52 manifestants le 18 mars dernier lors d'une journée de protestation dans la capitale.
En réaction, des généraux, des diplomates et des chefs de tribu se sont désolidarisés du président et ont apporté leur soutien aux opposants.
Dans ce pays de 23 millions d'habitants, l'opposition dénonce la corruption et la montée du chômage. Quarante pour cent de la population du Yémen vit avec moins de deux dollars par jour et un tiers souffre de malnutrition. Le chômage touche 35% de la population et 50% chez les jeunes.


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