Les compagnies d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère Fukushima 1, et J-Power ont chacune gelé la construction de centrales nucléaires dans la préfecture d'Aomori, tandis que Chubu Electric Power pourrait devoir renoncer à un projet de réacteur dans la région de Shizuoka en raison des nouvelles craintes de la population locale. /
Les compagnies d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère Fukushima 1, et J-Power ont chacune gelé, jeudi, la construction de centrales nucléaires dans la préfecture d'Aomori (nord-est), tandis que Chubu Electric Power pourrait devoir renoncer à un projet de réacteur dans la région de Shizuoka (centre) en raison des nouvelles craintes de la population locale.
Dépourvu de ressources naturelles, le Japon a lancé dans les années 60 et 70 un plan national destiné à doter l'archipel d'une vaste capacité atomique, afin de réduire ses importations de pétrole.
Mais le quasi consensus politique entourant ce choix, réalisé malgré la localisation du Japon dans une zone hautement sismique, pourrait ne pas résister à l'accident de Fukushima.
Les quelque 263 milliards de kilowatts-heure générés par les turbines de la cinquantaine de réacteurs exploités par les compagnies nippones en 2009, ont représenté près de 29% de la production d'électricité de l'archipel, selon des statistiques de l'Association mondiale du nucléaire.
Le courant émis au Japon provient par ailleurs à 61% de centrales thermiques fonctionnant au pétrole, au gaz ou au charbon, à 8% de centrales hydrauliques et à 2% d'autres origines (solaire, éolien, géothermie).
Avant même le débat que ne pourra éviter le pays, la part du nucléaire va mécaniquement baisser à cause de l'arrêt forcé d'une quinzaine de réacteurs à cause du séisme du 11 mars ou de tremblements de terre antérieurs.
Pour compenser cette perte de production, les compagnies d'électricité vont augmenter leurs importations d'hydrocarbures pour accélérer la production de leurs centrales thermiques. Mais cette solution pourrait à terme ne pas convenir aux autorités, car elle va élever les émissions de gaz à effet de serre que Tokyo veut réduire de 25% d'ici 2020 par rapport à 1990, afin de lutter contre le réchauffement climatique.
Déjà encouragé, le développement des sources d'énergie renouvelables devrait en conséquence bénéficier de soutiens publics supplémentaires et de la coopération du puissant ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (Meti).
Signe d'un intérêt croissant des investisseurs, les actions des groupes japonais spécialisés dans la production de cellules photovoltaïques, comme Sharp, Kyocera ou Mitsubishi Electric, ont échappé à la débandade de la Bourse de Tokyo pendant la semaine du 14 au 18 mars.
Parallèlement à ces efforts productifs, les autorités vont vouloir répandre davantage l'utilisation d'appareils économes en énergie.
À l'heure actuelle, les gaspillages sont nombreux, entre consommation abondante de l'industrie, suréquipement des ménages, isolation thermique insastisfaisante et débauche d'éclairage au néon dans les grandes villes.
Les firmes nippones misent sur les technologies "vertes" pour réduire la consommation de ressources sans sacrifier la qualité de vie, en remplaçant les ampoules traditionnelles par des modèles à diodes électroluminescentes (LED), imaginant des télévisions qui s'éteignent toutes seules lorsque personne ne les regarde ou des "maisons intelligentes" qui rationalisent la consommation d'énergie en fonction des habitudes des habitants.


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