« (Mardi) matin, les manifestants ont commencé à converger vers la place du Soldat inconnu (la principale place de Gaza). Dans le même temps, des supporters du Hamas, portant des drapeaux du mouvement et chantant des chansons pro-Hamas, sont arrivés sur les lieux. Certains nous ont frappés avec les bâtons de leur drapeau et d'autres ont tenté de renverser (des manifestants) avec leur voiture. Les "autorités" avaient préalablement interdit aux chauffeurs de taxi d'emmener des passagers vers la place. Elles avaient également empêché les gens de nous fournir de l'eau ainsi que tout matériel de sonorisation, comme des microphones.
« Nous avons tenté d'inviter (les sympathisants du Hamas) à se joindre à nous, mais leur réponse était l'insulte, la violence et la moquerie. Ils brandissaient des drapeaux divisés en deux : une partie représentait le drapeau national palestinien, l'autre celui du Hamas. J'ai demandé à l'un d'eux de ne brandir que le drapeau palestinien et de rejoindre notre mouvement. À ce moment, il a déchiré son drapeau en deux, jeté la partie palestinienne par terre avant d'ajouter : "Voici ton drapeau, prends-le. Celui de mon parti me suffit."
Plus tard, nous avons tenté de changer de place (pour former un cortège distinct), mais ils nous ont bloqué la route. Ils voulaient nous pousser vers la place Katiba, une zone qu'on essayait d'éviter parce qu'elle était très dangereuse. C'est une zone entourée de postes de police et d'immeubles inhabités. À plusieurs reprises, les supporters du Hamas nous ont lancé des pierres à partir de la place Katiba.
« À la nuit tombée, ils avaient bloqué tous les chemins qui menaient vers notre rassemblement. Vers 20h00, des voyous du Hamas, appuyés par des forces de sécurité, nous ont attaqués de toute part. Ils ont brûlé des tentes et ont arrêté plusieurs personnes, dont une femme qui avait été poignardée dans le dos. Ils se sont directement dirigés là où étaient rassemblées les femmes afin de les disperser. À la fin, il ne restait plus que six manifestantes. Nous étions complètement encerclées par les hommes du Hamas qui nous ont brutalement battues à coups de bâtons et à coups de pied. Ils nous ont insultées et nous ont craché dessus. Ils ont même menacé de nous tirer dessus. Finalement, quelqu'un est arrivé et leur a ordonné de nous laisser partir. (...)
« Ils veulent nous empêcher de manifester, mais nous continuerons. (...) Il faut leur pardonner. Si seulement ils avaient rejoint notre mouvement, ils auraient compris que nous sommes pacifiques et que nous manifestons pour le bien de tous les Palestiniens. (...) C'est ce que j'essayais de dire à celui qui me frappait. "Je suis là pour toi, pour ton avenir, pour l'avenir de tes enfants !" Mais il ne voulait rien entendre.
« Nous continuerons notre marche aujourd'hui, demain et après-demain. Nous sommes prêts à nous sacrifier pour l'unité, pour la paix et pour la sécurité. Nous voulons un pays indépendant et libre. Nous voulons vivre. (...) Nous en avons assez de la violence et de la mort. Nous sommes les jeunes de Palestine et nous ne baisserons jamais les bras. C'est la révolution ! »


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