Selon l'EIU, cette révision est justifiée par le retard pris dans la formation du nouveau gouvernement, qui s'est répercuté sur la confiance des consommateurs et des investisseurs. À cet égard, le rapport a prévu un ralentissement de la consommation des ménages, en comparaison avec la période 2007-2010, couplée à un recul des investissements, notamment au niveau de l'immobilier et de la construction. Toutefois, ces deux composantes du PIB devraient rester dans le vert et contribuer à la croissance du pays en 2011, selon les prévisions de l'EIU.
En parallèle, le rapport a indiqué que le système bancaire reste le pilier de l'économie libanaise, soulignant sa capacité à intervenir si jamais l'État s'avérait incapable de faire face à sa dette en devises étrangères (d'un montant de 3,36 milliards de dollars).
En ce qui concerne l'inflation, l'EIU a noté qu'après avoir chuté en 2009, reflétant la baisse des prix du pétrole et des matières premières sur les marchés internationaux, cette dernière a légèrement progressé en 2010, atteignant une moyenne estimée de 4 %. Pour la période 2011-2012, l'inflation devrait encore augmenter pour atteindre 4,9 % en moyenne, en raison de la hausse significative des prix du pétrole et des matières premières - dont notamment les denrées alimentaires - sur le plan international.
Le déficit de la balance courante
Au niveau de la balance courante, l'EIU a souligné qu'elle devrait demeurer déficitaire au cours de la période 2011-2012, le déficit devant atteindre en moyenne 8,8 % du PIB, contre 12 % l'an dernier, grâce entre autres à une hausse des exportations, qui avaient déjà augmenté de 22 % l'an dernier.
Le déficit de la balance courante avait été largement contrebalancé par les flux de capitaux, générant un important excédent au niveau de la balance des paiements, a rappelé, par ailleurs, le rapport. L'EIU a indiqué que ce schéma devrait a priori se répéter en 2011, rappelant toutefois que l'instabilité politique à l'échelle locale représentait un risque concret. En effet, si une crise politique grave devait survenir, les fuites de capitaux entraîneraient des difficultés de financement pour le pays même si, selon le scénario évoqué par l'EIU, le Liban recevra sans doute des aides provenant de pays amis.
En ce qui concerne le tourisme, l'EIU a prévu que les visiteurs continueront à affluer au cours de la saison estivale, en dépit de l'instabilité politique sur le plan local.
Les réserves de la BDL, une soupape de sécurité
Sur le plan bancaire, l'EIU a souligné qu'une baisse de la confiance des investisseurs pourrait provoquer une vague de retraits auprès des banques, affectant la base de dépôts de ces dernières. Néanmoins, le rapport a souligné la détermination de la Banque du Liban (BDL) à soutenir le système bancaire, rappelant que les réserves en devises de la BDL s'élèvent à 31,6 milliards de dollars, auxquelles s'ajoutent les réserves en or, dont le montant représente environ 13 milliards de dollars. Le montant total des réserves de la BDL équivaut à plus de la moitié des dépôts bancaires totaux, a précisé à cet égard le rapport. Ces réserves sont supérieures au PIB du Liban, et peuvent couvrir l'équivalent de plus d'une année d'importations de biens et services.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine