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Économie - Commerce

Les entreprises américaines convoitent la main-d’œuvre qualifiée de Russie

Medvedev veut faire de la modernisation et du développement des nouvelles technologies une priorité pour réduire la dépendance vis-à-vis du secteur des hydrocarbures.
La Russie, formidable réservoir de main-d'œuvre qualifiée, pourrait devenir un énorme centre d'ingénierie pour les grandes entreprises mondiales dans les années à venir, à l'image de ce que l'Inde est devenue dans le secteur des technologies informatiques.
Des multinationales comme Boeing ont déjà franchi le pas : le groupe américain d'aéronautique et de défense a mis en place un gigantesque plan de 27 milliards de dollars pour acquérir notamment des services de recherche et développement russes.
« La Russie a une opportunité, comme l'Inde il y a 25 ans, d'aider le monde à développer ses services d'ingénierie », a déclaré cette semaine le président de Boeing en Russie, Sergueï Kravtchenko, lors d'un forum d'investissement organisé à Moscou à l'occasion de la visite du vice-président américain Joe Biden.
« Nous savons que c'est faisable parce que l'Inde l'a fait », a-t-il dit.
Ces projets ont de quoi ravir le président russe Dmitri Medvedev, qui veut faire de la modernisation et du développement des nouvelles technologies une priorité pour réduire la dépendance de l'économie russe vis-à-vis du secteur des hydrocarbures.
La société américaine a d'ailleurs signé l'an dernier un accord pour ouvrir un centre de recherches à Skolkovo, dans la banlieue de Moscou, où les autorités russes comptent construire une « ville de l'innovation » (Innograd), réplique russe à la « Silicon Valley » américaine.
Pour nombre d'entreprises, le pari semble risqué dans un pays peu réputé pour la qualité de son climat des affaires. Mais toutes sont d'avis que les cerveaux russes sont une réelle richesse à exploiter.
« Bien loin devant le pétrole et le gaz, le véritable potentiel de la Russie est son capital humain », a dit le directeur général du groupe de chimie Dow Chemical en Russie, Marco Blagovic.
Lors de sa visite de deux jours en Russie, M. Biden a multiplié les efforts pour approfondir la coopération économique avec Moscou et faire de la Russie un important partenaire commercial des États-Unis.
Selon des statistiques américaines, les échanges commerciaux entre les deux pays n'ont atteint que 31,7 milliards de dollars l'an dernier. « La valeur des biens qui traversent la frontière avec le Canada et le Mexique chaque jour dépasse la valeur annuelle de notre commerce avec la Russie », a déploré le vice-président américain. « Nous devons faire mieux », a-t-il insisté.
La Russie dispose d'avantages majeurs pour devenir une pépinière au niveau mondial, avec une main-d'œuvre éduquée au plus haut niveau depuis l'époque soviétique et à moindre coût.
« Une coopération plus étroite permettra aux sociétés américaines d'avoir un accès plus large au réservoir d'ingénieurs énorme de la Russie, de mathématiciens et d'ingénieurs informatiques », a dit M. Biden.
Mais toute médaille a son revers, et la Russie souffre d'un manque de culture d'entreprise, résultat de l'époque soviétique, ce qui déconcerte souvent les Occidentaux.
« Des choses aussi simples que des rapports hebdomadaires écrits en langage compréhensible n'existaient pas auparavant », a déclaré le vice-président de la société métallurgique russe TMK, Vladimir Chmatovitch.
L'espoir est maintenant que, bénéficiant du bon sens occidental, les entreprises russes qui possèdent une expérience précieuse dans les hautes technologies, telles que les équipements informatiques militaires, deviendront indispensables.
La Russie, formidable réservoir de main-d'œuvre qualifiée, pourrait devenir un énorme centre d'ingénierie pour les grandes entreprises mondiales dans les années à venir, à l'image de ce que l'Inde est devenue dans le secteur des technologies informatiques.Des multinationales comme Boeing ont déjà franchi le pas : le groupe américain d'aéronautique et de défense a mis en place un gigantesque plan de 27 milliards de dollars pour acquérir notamment des services de recherche et développement russes.« La Russie a une opportunité, comme l'Inde il y a 25 ans, d'aider le monde à développer ses services d'ingénierie », a déclaré cette semaine le président de Boeing en Russie, Sergueï Kravtchenko, lors d'un forum d'investissement organisé à Moscou à l'occasion de la visite du vice-président américain Joe...
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