Des centaines d’islamistes ont manifesté vendredi à Zarka, dans le nord de la Jordanie, pour réclamer des réformes, promettant de durcir le ton si leurs demandes ne sont pas satisfaites. Khalil Mazraawi/AFP
« Nous ne participerons pas à la commission de dialogue national car nous avons le sentiment qu'il n'existe pas une réelle volonté du régime d'entamer des réformes », a déclaré à l'AFP Zaki Bani Rsheid, chef du bureau politique du Front de l'action islamique (FAI), principal parti d'opposition.
De son côté, le Premier ministre Maarouf Bakhit les a accusés de vouloir « profiter de la situation à des fins personnelles ». Il a précisé que les noms de « la cinquantaine de membres » de la commission de dialogue national seraient annoncés « dans les prochains jours ». M. Bakhit a souligné la volonté du gouvernement de « consulter le plus grand nombre de Jordaniens sur les amendements de la loi électorale et des partis politiques ». « Certains sont pressés car ils veulent profiter de la situation à des fins personnelles, surtout en ce qui concerne la loi électorale », a-t-il dénoncé, en faisant référence aux islamistes.
Ces derniers ont exigé que les réformes se fassent dans un délai ne dépassant pas deux mois.
Les islamistes ont boycotté les élections législatives de novembre estimant que la loi est à leur désavantage. Ils demandent une nouvelle loi électorale, des législatives anticipées et des amendements à la Constitution qui permettent au chef de la majorité parlementaire de former le gouvernement, alors que ce dernier est aujourd'hui désigné par le roi.
« Nous refusons la lenteur dans l'application des réformes. En Égypte, ils ont amendé la Constitution en dix jours et ils s'apprêtent à organiser un référendum dans une semaine », a ajouté M. Bani Rsheid. « Nous voulons des réformes constitutionnelles qui donnent au peuple le pouvoir. Or ces réformes ne sont pas du ressort du gouvernement, mais du roi », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a réitéré hier son refus d'une « monarchie constitutionnelle », affirmant que « ceux qui utilisent cette terminologie cherchent à créer des remous ». Il a toutefois exprimé la disposition du gouvernement à « revoir les amendements introduits dans la Constitution de 1952 », même si sa « priorité » va à « la loi électorale et au renforcement des partis politiques ».
La Constitution de 1952 a été amendée 29 fois, renforçant à chaque fois les pouvoirs du roi au détriment du Parlement.
Plusieurs partis de gauche et le Regroupement des retraités militaires sont en faveur du retour à la forme initiale de cette Constitution. Mais pas les islamistes.
« Nos demandes de réformes dépassent le retour à la Constitution de 1952 qui n'est pas très différente de l'actuelle », a indiqué M. Bani Rsheid, pour qui un simple retour à cette Constitution « constituerait un moyen de contourner les demandes de réformes ». Après la prière du vendredi, des centaines d'islamistes ont manifesté à Zarka (Nord) pour réclamer des réformes, promettant de durcir le ton si leurs demandes n'étaient pas satisfaites : ils étaient près de 1 500 personnes selon les organisateurs, 500 selon la police. « Le peuple veut des réformes du régime », « Nous voulons la dissolution du Parlement », scandait la foule.
« Ce que nous acceptons aujourd'hui sera rejeté demain et nous augmenterons nos revendications à un point qui ne sera pas acceptable pour le régime », a lancé dans un discours M. Bani Rsheid.
(Source : AFP)


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