« Notre priorité sera de rétablir l'autorité de l'État, tombée à un niveau insupportable, ce qui passe par le rétablissement de la sécurité pour tous les citoyens, les régions et les institutions », a-t-il déclaré.
Le nouveau gouvernement, dont il annoncera la composition « dans deux jours », doit « relancer le cycle économique sans aucun retard car nous sommes au bord du gouffre », a-t-il poursuivi.
« Que tout le monde sache que le rétablissement de la sécurité ne sera pas une affaire facile », la situation héritée de l'ancien régime étant « tellement pourrie et désordonnée », a-t-il ajouté, indiquant « comprendre » les réactions violentes des jeunes après « 20 ans de pressions et de privations ».
Il a implicitement appelé à la fin des sit-in et à l'arrêt des grèves, avertissant qu'« en l'absence d'un retour à la normale, le pays ira à la catastrophe ».
Le taux de croissance en Tunisie, en moyenne de 5 % par an ces dernières années, « s'approche de zéro », a-t-il déploré, affirmant compter sur la coopération internationale, « laquelle ne sera pas possible sans sécurité ».
Il a mis l'accent sur la nécessité de favoriser une reprise de l'activité touristique pour sauver la prochaine saison, dans un secteur qui assure près de 7 % du PIB et emploie jusqu'à 400 000 personnes, selon des chiffres officiels.
En outre, a-t-il ajouté, le problème des diplômés au chômage, à l'origine de la révolte ayant conduit à la chute de Ben Ali, s'aggrave par l'arrivée chaque année sur le marché de l'emploi « de 80 000 nouveaux diplômés », qui s'ajoutent aux 150 000 jeunes universitaires sans travail.
Le nouveau Premier ministre s'est également engagé à « rompre définitivement avec le passé, mais avec responsabilité et sans être injuste à l'égard de quiconque », alors qu'une procédure judiciaire est en cours pour la dissolution du parti de Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), déjà suspendu par le gouvernement intérimaire.
Durant les deux dernières décennies du règne de Ben Ali, « ce fut une bande de corrompus qui ont sucé le sang du peuple, avalé son argent et ses acquis », a-t-il dénoncé.
« Je n'ai aucun doute que l'ancien président s'est rendu coupable de haute trahison pour avoir renoncé à assumer sa responsabilité d'assurer la sécurité et la stabilité » et pour « avoir quitté » le pays alors qu'il est « le commandant en chef des forces armées », a déclaré M. Caïd Essebsi.
La haute trahison est passible de la peine de mort, a-t-il lui-même insisté.
La feuille de route, annoncée la veille par le président par intérim Foued Mebazaa et prévoyant l'élection le 24 juillet d'un Assemblée nationale constituante (CNA), « est un premier pas sur la voie de la démocratie », a assuré M. Caïd Essebsi.
Il a demandé aux Tunisiens d'accorder « le préjugé favorable » à son futur gouvernement qui, a-t-il dit, va s'atteler à faire en sorte que « le peuple reprenne confiance en l'État et les jeunes dans l'avenir ».


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