« Nous voulons rembourser une partie significative » en 2011, soit « au moins 10 % » des montants obtenus, a affirmé hier son patron Martin Blessing, soumis à une forte pression de l'État fédéral allemand qui aimerait revoir son argent.
« Nous restons ouverts à toutes les possibilités », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse au siège de la banque à Francfort (Ouest). Autrement dit, Commerzbank pourrait commencer à s'acquitter de sa dette sans passer obligatoirement par l'augmentation de capital qui semblait nécessaire.
Pour l'aider à réussir l'acquisition de Dresdner Bank en pleine crise financière, Berlin lui a apporté plus de 16 milliards d'euros sous la forme de participations silencieuses, qui ne donnent pas droit de vote, et est aussi monté à hauteur de 25 % plus une action dans son capital.
Si Commerzbank va commencer à rembourser l'État, elle ne paiera pas d'intérêts sur les participations silencieuses de l'État au titre de 2010 malgré les 1,4 milliard d'euros de bénéfices réalisés lors de cet exercice.
L'explication : selon les règles comptables allemandes HGB, plus exigeantes que les normes de bilan internationales IFRS, Commerzbank a accusé une perte de 1,2 milliard d'euros en 2010. La faute en revient aux dépréciations importantes sur sa filiale Eurohypo, qui doit être restructurée en vue d'être vendue avant fin 2014 sur ordre de la Commission européenne.
Or, d'après la loi allemande, le paiement d'intérêts sur les participations silencieuses dépend d'un résultat positif selon les règles HGB et non IFRS, a rappelé M. Blessing.
« Bien sûr que je comprends » que cela puisse choquer alors que la banque a renoué avec les bénéfices, « mais nous n'avons pas "embrouillé" les contribuables », a-t-il insisté.
« Nous avons aussi l'objectif cette année de réaliser un résultat HGB positif, et donc d'honorer les intérêts sur les aides de l'État au titre de 2011 », a-t-il encore promis.
Les quelque 50 000 salariés de Commerzbank dans le monde peuvent toutefois se réjouir. Le groupe leur a réservé au total plus de 440 millions d'euros de bonus au titre de 2010. M. Blessing n'a pas souhaité détailler la part qui reviendrait aux employés de la banque d'investissement.
Conformément à un nouveau système de rémunération mis en place l'an dernier, « une grande partie de la rémunération variable va être bloquée pendant trois ans », ce afin de mieux faire coïncider les bonus avec le « succès durable » de l'établissement.
Tout en disant comprendre le débat public sur les bonus, M. Blessing a estimé que c'était une question de « justice, de confiance et de respect » envers ses salariés qui ont contribué à la profitabilité retrouvée du groupe.
Pour 2011 le groupe prévoit un bénéfice opérationnel « nettement supérieur » à celui de l'an dernier, soit plus de 1,4 milliard d'euros, a-t-il ajouté, jugeant toutefois « improbable » le paiement d'un dividende sur l'exercice en cours.
Pour atteindre son objectif d'un bénéfice opérationnel de plus de 4 milliards d'euros en 2012, Commerzbank compte notamment sur l'amélioration de ses activités de banque de détail, un dynamisme durable de ses activités de financement des petites et moyennes entreprises (PME) et des synergies grâce à l'intégration de Dresdner Bank.
Source : AFP


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