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Moyen Orient et Monde - Crise

L’opposition algérienne étale de nouvelles divergences face au pouvoir

Bouteflika joue l'apaisement et annonce des mesures en faveur de l'économie, de l'emploi et du logement.
La Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNCD), qui a fait deux tentatives de marche à Alger pour demander un « changement du système » politique incarné par le président Abdelaziz Bouteflika et dans lequel l'armée tient un rôle majeur, s'est divisée en deux entités à la suite d'une réunion houleuse hier à Alger. Née dans la foulée des émeutes du début de l'année qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, la CNCD subsiste avec comme principale composante le parti du dirigeant laïc Saïd Sadi, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Elle veut continuer à faire des marches tous les samedis à Alger où elles sont interdites. En parallèle, une coordination de la société civile veut continuer aussi à militer pour un « changement du système », mais avec les « forces sociales » et sans les partis politiques, leur image étant écornée auprès de l'opinion publique. Car deux ans à peine après la reconnaissance du multipartisme, l'Algérie avait sombré en 1992 dans des violences massives qui se poursuivent encore mais de manière sporadique. Elles avaient éclaté après l'annulation d'élections législatives remportées par le Front islamique du salut (FIS) qui promettait d'instaurer une « république islamique » sur le modèle iranien.
Parallèlement, le régime poursuit sa reconquête de l'opinion publique en annonçant d'abord une levée imminente de l'état d'urgence. Celui-ci, instauré alors pour enrayer la guerre islamiste, va être levé par une ordonnance qui « entrera en vigueur dès sa publication imminente au Journal officiel », avait annoncé mardi soir un communiqué du Conseil des ministres. Cette décision était réclamée avec insistance par les partis qui se plaignent d'une restriction du champ des libertés politiques. Une demande d'autant plus justifiée, selon l'opposition, que le pouvoir se réjouit du retour à la paix grâce à la politique de réconciliation nationale du président Bouteflika qui effectue un troisième quinquennat après avoir été élu pour un premier mandat en 1999.
En première ligne dans la lutte contre les groupes armés islamistes qui continuent leurs attaques, comme récemment au Sahara où ils ont kidnappé une touriste italienne, l'armée ne va pas toutefois retourner dans les casernes, mais va poursuivre la lutte antiterroriste.
Outre la levée de l'état d'urgence, le Conseil des ministres a annoncé un train de mesures en faveur de l'économie, de l'emploi et du logement, près de deux mois après les émeutes contre la vie chère début janvier.
L'État a ainsi décidé d'octroyer une ligne de crédit à long terme de 100 milliards de dinars (1 milliard d'euros) aux banques publiques afin de leur permettre de financer des projets à « maturité longue ». Il a également décidé de lancer, dès mars 2011, des sociétés publiques de leasing destinées à alléger le coût de la location-vente des équipements pour les nouvelles petites et moyennes entreprises (PME), qui souhaitent recourir à ce dispositif.
Les charges patronales seront aussi réduites pour les sociétés qui vont recruter les jeunes demandeurs d'emploi. Le taux de chômage des jeunes Algériens, qui auront des facilités pour l'accès au logement, est de 21 %, selon le FMI.
Enfin, un responsable de la police algérienne a affirmé que de « sévères » sanctions seront prises contre les policiers qui ont frappé lundi deux manifestants lors d'un rassemblement d'étudiants devant le ministère de l'Enseignement supérieur, à Alger.
Ces mesures interviennent à un moment où le pays est confronté à des grèves en série qui ont touché des secteurs habituellement peu revendicatifs, comme la justice. Autant de mouvements dont l'opposition n'a pas réussi pour l'instant à faire le carburant d'une révolution comme en Tunisie et en Égypte.

(Source : AFP)

La Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNCD), qui a fait deux tentatives de marche à Alger pour demander un « changement du système » politique incarné par le président Abdelaziz Bouteflika et dans lequel l'armée tient un rôle majeur, s'est divisée en deux entités à la suite d'une réunion houleuse hier à Alger. Née dans la foulée des émeutes du début de l'année qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, la CNCD subsiste avec comme principale composante le parti du dirigeant laïc Saïd Sadi, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Elle veut continuer à faire des marches tous les samedis à Alger où elles sont interdites. En parallèle, une coordination de la société civile veut continuer aussi à militer pour un « changement du système », mais avec les...
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