Parallèlement, le régime poursuit sa reconquête de l'opinion publique en annonçant d'abord une levée imminente de l'état d'urgence. Celui-ci, instauré alors pour enrayer la guerre islamiste, va être levé par une ordonnance qui « entrera en vigueur dès sa publication imminente au Journal officiel », avait annoncé mardi soir un communiqué du Conseil des ministres. Cette décision était réclamée avec insistance par les partis qui se plaignent d'une restriction du champ des libertés politiques. Une demande d'autant plus justifiée, selon l'opposition, que le pouvoir se réjouit du retour à la paix grâce à la politique de réconciliation nationale du président Bouteflika qui effectue un troisième quinquennat après avoir été élu pour un premier mandat en 1999.
En première ligne dans la lutte contre les groupes armés islamistes qui continuent leurs attaques, comme récemment au Sahara où ils ont kidnappé une touriste italienne, l'armée ne va pas toutefois retourner dans les casernes, mais va poursuivre la lutte antiterroriste.
Outre la levée de l'état d'urgence, le Conseil des ministres a annoncé un train de mesures en faveur de l'économie, de l'emploi et du logement, près de deux mois après les émeutes contre la vie chère début janvier.
L'État a ainsi décidé d'octroyer une ligne de crédit à long terme de 100 milliards de dinars (1 milliard d'euros) aux banques publiques afin de leur permettre de financer des projets à « maturité longue ». Il a également décidé de lancer, dès mars 2011, des sociétés publiques de leasing destinées à alléger le coût de la location-vente des équipements pour les nouvelles petites et moyennes entreprises (PME), qui souhaitent recourir à ce dispositif.
Les charges patronales seront aussi réduites pour les sociétés qui vont recruter les jeunes demandeurs d'emploi. Le taux de chômage des jeunes Algériens, qui auront des facilités pour l'accès au logement, est de 21 %, selon le FMI.
Enfin, un responsable de la police algérienne a affirmé que de « sévères » sanctions seront prises contre les policiers qui ont frappé lundi deux manifestants lors d'un rassemblement d'étudiants devant le ministère de l'Enseignement supérieur, à Alger.
Ces mesures interviennent à un moment où le pays est confronté à des grèves en série qui ont touché des secteurs habituellement peu revendicatifs, comme la justice. Autant de mouvements dont l'opposition n'a pas réussi pour l'instant à faire le carburant d'une révolution comme en Tunisie et en Égypte.
(Source : AFP)


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