« Nous n'avons jamais connu autant d'intérêt pour l'exploration pétrolière au Groenland », constate Joern Skov Nielsen, directeur du Bureau du pétrole et des minéraux.
Signe de cet engouement, le gouvernement local a attribué en novembre dernier 7 blocs de prospection dans la baie de Baffin, à l'ouest du Groenland, à huit compagnies pétrolières comme l'américaine ConocoPhillips, l'anglo-néerlandaise Shell ou encore l'écossaise Cairn Energy.
Selon l'Institut de géophysique américain (USGS), plus d'un cinquième des réserves d'hydrocarbures encore non découvertes dans le monde se situent au nord du cercle polaire. Localisées à 84 % en mer, elles représenteraient 13 % des ressources planétaires de pétrole et 30 % des réserves de gaz naturel.
Les eaux autour du Groenland recouvriraient selon ces estimations 51 milliards de barils de pétrole, dont 17 milliards entre l'ouest de l'île et l'est du Canada et 31,4 milliards au nord-est de l'immense territoire arctique.
En pointe, Cairn Energy a réalisé l'été dernier trois forages « extrêmement encourageants » dans la baie de Disko et compte creuser 4 puits cette année.
« 2011 constitue notre troisième année d'opérations au Groenland où nous allons investir quelque 500 millions de dollars, portant nos investissements totaux à plus d'un milliard de dollars », selon Simon Thomson, son directeur commercial.
Le gouvernement groenlandais fonde lui aussi beaucoup d'espoirs sur le pétrole, tremplin nécessaire pour accéder à l'indépendance du Danemark. Les 56 000 habitants à majorité inuite vivent pour l'heure principalement de la pêche et des subsides de Copenhague.
Mais la catastrophe de BP l'année dernière dans le golfe du Mexique a amené les Groenlandais à « imposer une législation plus stricte qu'en mer du Nord et des garanties substantielles aux compagnies », souligne Ove Karl Berthelsen, ministre des Ressources minérales. « Nous veillons essentiellement à ce que la prospection pétrolière ne vienne pas à détruire notre première ressource, la pêche, et l'environnement », assure-t-il.
Encouragé par le nombre record de demandes de licences, le gouvernement de Nuuk va lancer fin 2011 un nouveau round pour le nord-est de l'île. « Nous avons de très, très grands espoirs dans cette région où la possibilité de trouver des hydrocarbures est très élevée, jusqu'à 70 % », confie Joern Skov Nielsen. Le réchauffement climatique pourrait « transformer cette région en un Eldorado », d'autant que « sa géologie est la même que celle du nord-ouest de la Norvège où on a fait de grandes découvertes », estime-t-il.


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