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Moyen Orient et Monde - Bahreïn

L’opposition chiite réclame une « monarchie constitutionnelle »

La place de la Perle à Manama était noire de monde hier. Elle a été renommée Tahrir (Libération), comme celle du Caire. Phil Weymouth/AFP

« Ni sunnites ni chiites, unité nationale », « Nous demandons une nouvelle Constitution et l'alternance au pouvoir ». Tels sont les messages adressés au pouvoir par les milliers de Bahreïnis qui étaient encore rassemblés hier soir sur une place de Manama pour réclamer des réformes à Bahreïn. La place de la Perle était noire de monde et l'ambiance était décontractée, voire festive. Les forces de l'ordre se tenaient à l'écart. Les manifestants ont installé de nombreuses tentes et des postes de télévision, se préparant à y passer une nouvelle nuit. D'autres s'affairaient autour de barbecues. La place a été renommée Tahrir (Libération), comme celle du Caire qui a été l'épicentre du soulèvement qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.
Des partisans du régime ont défilé, quant à eux, dans l'île de Moharraq, séparée par un pont de la principale île de Manama, en brandissant des drapeaux rouges et blancs pour proclamer leur soutien au roi Hamad ben Issa al-Khalifa.
La contestation a été déclenchée lundi à l'initiative d'internautes qui ont appelé sur Facebook à des manifestations pour réclamer des réformes politiques et sociales à Bahreïn, dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Égypte. C'est surtout la majorité chiite, dans cet archipel de 741 km2 gouverné par une dynastie sunnite, qui s'estime discriminée au niveau de l'emploi, des services sociaux - comme l'habitat - et des services publics. Lundi et mardi, deux jeunes chiites ont été tués dans la dispersion de manifestations. Le ministre de l'Intérieur, cheikh Rached ben Abdallah al-Khalifa, a présenté des excuses et exprimé son « profond regret », annonçant l'arrestation des responsables présumés de leur mort au sein des forces de sécurité.
Dans une conférence de presse, le chef de l'opposition chiite, Ali Salmane, a réclamé « une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement serait élu par le peuple », mais assuré ne pas vouloir la chute du régime. Le mouvement al-Wefaq (18 élus sur 40 sièges à l'Assemblée), qu'il dirige, a annoncé son boycott du Parlement. Cheikh Salmane a également assuré qu'il ne réclamait pas « un État religieux » et qu'il n'y avait « pas de place à Bahreïn pour la wilayet el-Faqih » sur le modèle de l'Iran. Cheikh Salmane a enfin invité le gouvernement à « engager le dialogue » avec l'opposition sur des réformes à réaliser « selon un calendrier précis ». « Le gouvernement est prêt au dialogue mais dans le cadre des institutions légales », lui a répondu le ministre de la Justice, Khaled ben Ali al-Khalifa.
Dans la matinée, plus de 2 000 personnes ont participé à Mahouz, une banlieue chiite de Manama, aux funérailles de Fadel Salmane Matrouk, tué par balle mardi lors des obsèques de l'autre manifestant mort la veille. Certaines ont scandé « le peuple veut la chute du régime ».
Les États-Unis, s'inquiétant de la violence, ont appelé à la retenue dans le royaume, siège de la Ve Flotte, alors que des appels ont été lancés pour des manifestations vendredi et samedi.

« Ni sunnites ni chiites, unité nationale », « Nous demandons une nouvelle Constitution et l'alternance au pouvoir ». Tels sont les messages adressés au pouvoir par les milliers de Bahreïnis qui étaient encore rassemblés hier soir sur une place de Manama pour réclamer des réformes à Bahreïn. La place de la Perle était noire de monde et l'ambiance était décontractée, voire festive. Les forces de l'ordre se tenaient à l'écart. Les manifestants ont installé de nombreuses tentes et des postes de télévision, se préparant à y passer une nouvelle nuit. D'autres s'affairaient autour de barbecues. La place a été renommée Tahrir (Libération), comme celle du Caire qui a été l'épicentre du soulèvement qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.Des partisans du régime ont défilé, quant à eux, dans...
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