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Moyen Orient et Monde - Transition

Immigration : la nouvelle Tunisie vit sa première crise diplomatique

L'UE débloque 250 millions d'euros pour Tunis d'ici à 2013 afin de relancer les réformes.
Les nouvelles autorités de transition tunisiennes affrontent leur première crise diplomatique avec l'Italie, inquiète d'un exode massif de clandestins tunisiens vers ses côtes, un mois jour pour jour après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Le dossier a pris un tour tel que le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a effectué hier après-midi une visite éclair à Tunis où il a rencontré le Premier ministre Mohammad Ghannouchi, en marge d'un voyage prévu de longue date en Syrie et en Jordanie.
Le gouvernement tunisien a déjà prévenu hier qu'il rejetait de manière catégorique « toute ingérence dans ses affaires intérieures » ou « atteinte à sa souveraineté », selon un responsable du ministère des Affaires étrangères. Le ton est soudainement monté ce week-end entre Tunis et Rome après l'arrivée en cinq jours de quelque 5 000 clandestins sur l'île italienne de Lampedusa (138 km des côtes tunisiennes), pour la plupart des Tunisiens venus chercher un emploi en Europe.
Évoquant un « système tunisien à la dérive », le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, avait souhaité dimanche un déploiement de ses policiers en Tunisie. « Inacceptable », a répondu le gouvernement tunisien. Une source militaire tunisienne a toutefois précisé hier que l'armée a déployé des soldats pour enrayer cet exode. « L'armée contrôle les côtes à Gabès et à Zarzis », a assuré à Reuters cette source sous le couvert de l'anonymat.
Avant son départ dans la région, M. Frattini a estimé que les deux pays avaient « un intérêt commun à freiner le trafic ». Tandis que Paris a plaidé pour un renforcement de Frontex (agence européenne chargée de la surveillance des frontières).
Cette polémique s'est aussi imposée à l'ordre du jour de la chef de la diplomatie européenne, la Britannique Catherine Ashton, hier à Tunis pour une visite destinée au départ à apporter le soutien de l'UE aux réformes politiques et à la relance économique cruciale pour la transition. L'UE va débloquer plus de 250 millions d'euros pour la Tunisie d'ici à 2013 et espère aider à l'organisation en mars d'une conférence internationale sur les réformes politiques et économiques, a déclaré Mme Ashton.
L'Union accorde actuellement à la Tunisie entre 80 et 90 millions d'euros par an en aides non remboursables. Et la Banque européenne d'investissement (BEI) a octroyé en 2010 un prêt de 500 millions d'euros pour les infrastructures. Mme Ashton a également espéré une ratification du « statut avancé » de la Tunisie auprès de l'UE après les élections présidentielle et législatives prévues dans six mois.
Les nouvelles autorités de transition tunisiennes affrontent leur première crise diplomatique avec l'Italie, inquiète d'un exode massif de clandestins tunisiens vers ses côtes, un mois jour pour jour après la chute du régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Le dossier a pris un tour tel que le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a effectué hier après-midi une visite éclair à Tunis où il a rencontré le Premier ministre Mohammad Ghannouchi, en marge d'un voyage prévu de longue date en Syrie et en Jordanie.Le gouvernement tunisien a déjà prévenu hier qu'il rejetait de manière catégorique « toute ingérence dans ses affaires intérieures » ou « atteinte à sa souveraineté », selon un responsable du ministère des Affaires étrangères. Le ton est soudainement monté ce week-end entre Tunis et Rome...
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