Le gouvernement tunisien a déjà prévenu hier qu'il rejetait de manière catégorique « toute ingérence dans ses affaires intérieures » ou « atteinte à sa souveraineté », selon un responsable du ministère des Affaires étrangères. Le ton est soudainement monté ce week-end entre Tunis et Rome après l'arrivée en cinq jours de quelque 5 000 clandestins sur l'île italienne de Lampedusa (138 km des côtes tunisiennes), pour la plupart des Tunisiens venus chercher un emploi en Europe.
Évoquant un « système tunisien à la dérive », le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, avait souhaité dimanche un déploiement de ses policiers en Tunisie. « Inacceptable », a répondu le gouvernement tunisien. Une source militaire tunisienne a toutefois précisé hier que l'armée a déployé des soldats pour enrayer cet exode. « L'armée contrôle les côtes à Gabès et à Zarzis », a assuré à Reuters cette source sous le couvert de l'anonymat.
Avant son départ dans la région, M. Frattini a estimé que les deux pays avaient « un intérêt commun à freiner le trafic ». Tandis que Paris a plaidé pour un renforcement de Frontex (agence européenne chargée de la surveillance des frontières).
Cette polémique s'est aussi imposée à l'ordre du jour de la chef de la diplomatie européenne, la Britannique Catherine Ashton, hier à Tunis pour une visite destinée au départ à apporter le soutien de l'UE aux réformes politiques et à la relance économique cruciale pour la transition. L'UE va débloquer plus de 250 millions d'euros pour la Tunisie d'ici à 2013 et espère aider à l'organisation en mars d'une conférence internationale sur les réformes politiques et économiques, a déclaré Mme Ashton.
L'Union accorde actuellement à la Tunisie entre 80 et 90 millions d'euros par an en aides non remboursables. Et la Banque européenne d'investissement (BEI) a octroyé en 2010 un prêt de 500 millions d'euros pour les infrastructures. Mme Ashton a également espéré une ratification du « statut avancé » de la Tunisie auprès de l'UE après les élections présidentielle et législatives prévues dans six mois.


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