Les dépôts, qui représentent près de 83 % du bilan des banques, ont constitué le principal moteur de croissance, augmentant de 11,4 milliards de dollars, soit une hausse de 11,9 % sur la période couverte. Ils sont ainsi passés de 95,8 milliards de dollars fin décembre 2009 à 107,2 milliards de dollars fin décembre 2010.
Bien que cette croissance soit largement inférieure à celle enregistrée durant l'année 2009 (environ -37 %), elle reste importante en comparaison avec la croissance moyenne enregistrée au cours de la même période des neuf années précédentes.
La croissance fulgurante des dépôts enregistrée en 2009 avait été favorisée, rappelons-le, par un important flux de capitaux, suite à la crise financière internationale, qui avait fait du Liban une terre refuge pour les capitaux fuyant la débâcle.
En termes de répartition des dépôts par type de clients, une lecture des chiffres révèle que les dépôts des résidents ont été à la source de cette croissance au cours de l'année 2010, représentant près de 83 % de la hausse des dépôts fin décembre. Les dépôts des non-résidents n'ont pas connu en effet de variations majeures. En outre, une analyse de la croissance des dépôts par devises révèle que les dépôts en monnaie locale ont enregistré une très forte croissance au cours de 2010, représentant fin décembre 47 % de l'augmentation enregistrée au niveau des dépôts. En effet, les dépôts en livres ont progressé de 5,4 milliards de dollars. Par conséquent, le taux de dollarisation des dépôts a atteint 63,2 % fin décembre 2010, contre 64,5 fin 2009.
Les crédits en hausse de 6,5 milliards
Dans ce contexte d'excès de liquidités, combiné à une politique incitative de la part de la Banque centrale, et à la lumière de la reprise progressive des économies de la région, l'activité d'emprunt a connu un essor important au cours de 2010. Ainsi, les prêts bancaires accordés aux résidents et aux non-résidents ont augmenté de 6,5 milliards de dollars, passant de 28,4 milliards de dollars fin décembre 2009 à 34,9 milliards fin décembre 2010, soit une hausse de 23,1 %.
Cette hausse est presque deux fois supérieure aux 3,3 milliards de dollars de prêts accordés sur l'ensemble de l'année 2009 et 2,75 fois supérieure à la moyenne de la croissance des crédits au cours des huit dernières années.
Concernant la distribution des prêts par devises, les prêts en livres ont représenté 35,9 % du total des crédits accordés au secteur privé durant cette période, grâce à la politique incitative de la Banque du Liban (BDL) visant à contenir l'excès de liquidités en livres.


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