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Moyen Orient et Monde - Bioéthique

Premier « bébé-médicament » en France, entre espoir et polémique

Umut-Talha est le premier « bébé-médicament » ou « bébé du double espoir » à naître en France, à savoir le premier bébé qui permettra de soigner l'un de ses aînés pour lequel il est un donneur compatible. L'annonce de sa naissance, hier, a suscité la polémique, des milieux chrétiens dénonçant notamment une « instrumentalisation de la personne ». Cette annonce intervenait en outre au premier jour de l'examen, par l'Assemblée nationale, du projet de loi sur la révision des lois bioéthiques.

Le professeur René Frydman et le professeur Nelly Achour Frydman annonçant, hier, la naissance du premier bébé du double espoir en France.Éric Feferberg/AFP

Un premier « bébé-médicament », qui permettra de soigner l'un de ses aînés pour lequel il est un donneur compatible, a vu le jour en France dans un hôpital de la région parisienne, ont annoncé à l'AFP les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Le petit Umut-Talha (« notre espoir » en turc), qui pesait 3,650 kg à sa naissance le 26 janvier est « en très bonne santé », a indiqué le Pr René Frydman.
Ce « bébé-médicament », que les spécialistes appellent « bébé du double espoir », est né par fécondation in vitro après un double diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI) permettant le choix des embryons. Cette procédure a permis de s'assurer d'une part que l'enfant était indemne de la grave maladie génétique (bêta-thalassémie) dont souffrent les premiers enfants de la famille, mais aussi qu'il pouvait être donneur compatible avec l'un de ses aînés malades. Cette compatibilité des tissus (HLA) permet d'envisager ultérieurement une greffe de sang du cordon ombilical qui a été prélevé après sa naissance, afin de soigner un de ses aînés.
La bêta-thalassémie est une maladie génétique grave et invalidante. Cause d'anémie, elle rend nécessaires à la survie des transfusions sanguines répétées.
Les parents, d'origine turque et âgés d'une trentaine d'années, et leur garçon sont rentrés chez eux dans le sud de la France.
Il y a déjà eu des naissances de « bébé-docteur » dans le monde, mais c'est la première fois en France. Les États-Unis ont commencé il y a une dizaines d'années, et quelques naissances ont été signalées plus récemment en Europe. En Espagne, le premier bébé-médicament, Javier, né en octobre 2008, a permis grâce à son sang de cordon ombilical de guérir son aîné Andres, souffrant également d'une bêta-thalassémie majeure. Andres n'a plus besoin des transfusions sanguines, auparavant nécessaires pour le maintenir en vie, précisaient ses médecins.
La DPI a été autorisée en France, sous certaines conditions, en 1994, et son application au « bébé-médicament » est légalement possible depuis 2004.
L'annonce de la naissance de ce « bébé-médicament » est intervenue le jour du début de la révision de la loi bioéthique à l'Assemblée nationale. Le débat promet d'être agité, les milieux catholiques ayant émis de nombreuses réserves.
Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, s'est dit, hier, « tout à fait opposé » à la conception de bébés-médicaments, considérant qu'il s'agissait de « l'instrumentalisation » d'un être humain au profit d'un autre. « Je salue bien sûr le prodige que constitue cette naissance », a-t-il dit, mais cela signifie qu'on va « utiliser quelqu'un au service exclusif de quelqu'un d'autre », que « cet enfant est un instrument pour essayer de guérir un autre enfant ».
Un « pas excessivement grave » a été franchi, a affirmé de son côté la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin. « Il faut que le politique fasse attention parce que l'homme devient un objet de consommation et un matériau comme n'importe lequel », a-t-elle ajouté.
Pour sa part, le professeur François Olivennes, spécialiste des troubles de la fertilité, a dénoncé « les lobbies chrétiens et catholiques » qui, selon lui, imposent leurs vues sur le sujet. Le pire des scénarios serait « la limitation du nombre d'embryons » qui « réduirait les chances de grossesse pour deux tiers des troubles infertiles », a-t-il dit sur Europe 1. Le professeur Olivennes a dit craindre la promulgation d'une loi similaire à celle votée en Italie en 2004 qui a « mis un coup d'arrêt à la fécondation in vitro en Italie ».
Un premier « bébé-médicament », qui permettra de soigner l'un de ses aînés pour lequel il est un donneur compatible, a vu le jour en France dans un hôpital de la région parisienne, ont annoncé à l'AFP les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Le petit Umut-Talha (« notre espoir » en turc), qui pesait 3,650 kg à sa naissance le 26 janvier est « en très bonne santé », a indiqué le Pr René Frydman.Ce « bébé-médicament », que les spécialistes appellent « bébé du double espoir », est né par fécondation in vitro après un double diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI) permettant le choix des embryons. Cette procédure a permis de s'assurer d'une part que l'enfant était indemne de la grave maladie génétique (bêta-thalassémie) dont souffrent les premiers enfants de la famille, mais...
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