Rechercher
Rechercher

Économie - Énergie

La reconnaissance des contrats pétroliers kurdes crée un « précédent » en Irak

Maliki a déclaré qu'il a avalisé les contrats conclus par la région autonome du Kurdistan.
La reconnaissance par Bagdad des contrats pétroliers basés sur le partage des bénéfices conclus par la région autonome du Kurdistan crée un précédent et pourrait aiguiser l'appétit des compagnies étrangères opérant dans le reste du pays, estiment des experts du secteur.
Dans un entretien à l'AFP, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a déclaré samedi que Bagdad avait finalement accepté d'avaliser ces contrats, après des mois de dispute avec le gouvernement kurde, compte tenu des spécificités techniques de l'extraction du brut au Kurdistan.
La région autonome, qui avait cessé d'exporter son pétrole en octobre 2009 en raison d'un différend avec Bagdad sur le paiement des compagnies étrangères exploitant les gisements, a recommencé mercredi à pomper le pétrole destiné à l'exportation.
« Les propos de Maliki sont historiques car ils désavouent la politique pétrolière centralisatrice menée depuis 2006 par son précédent ministre du Pétrole (et actuel vice-Premier ministre) Hussein Chahristani », déclare Reidar Visser, spécialiste de l'Irak pour le site historiae.org.
« Il reconnaît les contrats kurdes et leur caractère plus lucratif, et ce en raison des conditions naturelles de forage qui ne sont pas les mêmes au Kurdistan et dans le sud de l'Irak. Cela crée un précédent qui, en théorie, pourrait s'appliquer à l'avenir à de nouveaux champs », ajoute-t-il.
Samedi, M. Maliki a expliqué que l'extraction du pétrole nécessitait « davantage d'efforts » au Kurdistan que dans le sud du pays, où « il est plus proche de la surface ».
Bagdad a longtemps exigé des contrats de service rémunérant les compagnies pétrolières au baril extrait. Le ministère du Pétrole a attribué 11 contrats de ce genre à des consortiums étrangers en 2009.
Pour Rouba Housari, responsable du site IraqOilForum.com, il ne fait aucun doute que les propos de M. Maliki créeront un précédent.
« Si le gouvernement reconnaît que les contrats de partage des bénéfices peuvent être appliqués à des contrats d'exploration et de production au Kurdistan, on pourrait lui demander d'être cohérent et d'utiliser les mêmes contrats pour l'exploration et la production dans le reste de l'Irak », ajoute-t-elle.
Elle ne s'attend cependant pas à une généralisation de ce type de contrats, jugeant que cela serait « trop controversé », et rappelant la singularité institutionnelle du Kurdistan, qui dispose de son propre Parlement et de ses propres lois.
Bagdad a maintes fois contesté aux autorités kurdes le droit de signer leurs contrats pétroliers, allant jusqu'à interdire aux compagnies concernées de participer aux appels d'offres pour le reste du pays. Cela n'a pas empêché le Kurdistan de ratifier des accords avec de nombreuses compagnies étrangères.
« Les majors, notamment britanniques et américaines, ont refusé d'aller au Kurdistan et ont privilégié Bagdad, mais elles vont regretter d'avoir laissé la place aux autres », note Ranj Alaaldin, expert de l'Irak à la Next Century Foundation, basée à Londres.
« En reconnaissant des contrats de partage des bénéfices, Bagdad va subir la pression des investisseurs, actuels ou à venir, car le gouvernement fédéral devra répondre à ces compagnies qui espéreront de meilleures conditions, voire une remise en cause complète des contrats », a-t-il ajouté.
L'Irak devrait porter à la fin de l'année sa production à 3 millions de barils par jour (mbj), contre environ 2,5 mbj actuellement. En décembre 2010, les exportations irakiennes, qui représentent la quasi-totalité des recettes de l'État, étaient de 1,95 mbj.
La reconnaissance par Bagdad des contrats pétroliers basés sur le partage des bénéfices conclus par la région autonome du Kurdistan crée un précédent et pourrait aiguiser l'appétit des compagnies étrangères opérant dans le reste du pays, estiment des experts du secteur.Dans un entretien à l'AFP, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a déclaré samedi que Bagdad avait finalement accepté d'avaliser ces contrats, après des mois de dispute avec le gouvernement kurde, compte tenu des spécificités techniques de l'extraction du brut au Kurdistan.La région autonome, qui avait cessé d'exporter son pétrole en octobre 2009 en raison d'un différend avec Bagdad sur le paiement des compagnies étrangères exploitant les gisements, a recommencé mercredi à pomper le pétrole destiné à l'exportation.« Les propos de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut