Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso : « Les propositions franco-allemandes pourraient marginaliser Bruxelles. » John Thys/AFP
Les Européens mènent actuellement des discussions tous azimuts. Il s'agit tout d'abord d'augmenter la capacité de prêt du dispositif à 440 milliards d'euros effectifs. Une idée sur laquelle un consensus s'est dessiné ces dernières semaines. Car le Fonds est doté actuellement de 440 milliards de garanties des États en théorie, mais il ne peut lever effectivement qu'environ 250 milliards.
Les discussions portent aussi sur un élargissement de la palette d'outils du dispositif. Il est question notamment de l'autoriser à racheter de la dette publique des pays en difficulté sur les marchés. Ou de lui permettre de prêter de l'argent à de tels pays comme la Grèce pour que ceux-ci puissent eux-mêmes racheter leur propre dette sur le marché. Certains responsables européens défendraient même l'idée d'inclure un plan de sauvetage du Portugal, voire des lignes de crédit pour l'Espagne, selon des informations de presse.
Les discussions comportent par ailleurs un troisième volet. L'Allemagne et la France veulent s'assurer qu'en contrepartie d'une amélioration du Fonds, les pays de la zone euro s'engagent à plus de discipline budgétaire, de coordination de leurs politiques économiques et sociales, et d'efforts en matière de compétitivité. Berlin et Paris entendent ainsi donner corps à l'idée, chère à la France, d'un véritable gouvernement économique européen, l'Allemagne se ralliant au concept général mais imposant nombre de ses priorités pour le contenu. « Nous sommes globalement d'accord. C'est la raison pour laquelle je m'attends à ce que la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy, présentent ensemble ces idées lors du déjeuner », a indiqué hier une source gouvernementale allemande.
Berlin plaide en faveur d'un « pacte de compétitivité », qui permettrait de réduire les écarts entre pays. Il s'agirait notamment d'harmoniser les systèmes de retraite, les marchés du travail, les investissements, voire les assiettes fiscales.
L'Allemagne souhaiterait également que tous les pays de la zone euro instaurent des plafonds d'endettement inscrits dans la loi ou la Constitution, comme elle l'a fait. Mais le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ne voit pas d'un bon œil les propositions franco-allemandes, qui donneraient aux capitales tous les leviers en main, aboutissant à marginaliser Bruxelles.
« Établir un système renforçant la gouvernance économique de l'UE, et en particulier de la zone euro, en dehors du cadre de l'Union, soulève des questions importantes et politiquement très sensibles », a-t-il mis en garde.


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