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Moyen Orient et Monde - Reportage

Quand l’armée égyptienne tente d’enrayer la grande évasion

Des gardes disparus, des prisonniers tués ou en fuite et des soldats à leur recherche : le chaos de la révolte égyptienne n'a pas épargné les prisons hier.

Hier matin, il ne restait dans les cellules de la prison d’Abou Zaabal qu’une poignée de détenus. Photo AFP

Dans le quartier de Maadi, près de la fameuse prison de Tora située dans le sud du Caire, des soldats, postés à un barrage, fouillent les voitures. Ils sont à la recherche de fugitifs. Ils extraient un homme d'un véhicule, le jettent au sol et lui entravent les mains, faute de menottes, avec sa propre écharpe. « Il vient juste de s'évader », assure un soldat. Dans cette prison de Tora, connue pour avoir abrité de nombreux militants islamistes, des coups de feu venant de l'intérieur des murs sont audibles, alors que des militaires, baïonnettes aux canons, encerclent le bâtiment. Par rafales, un blindé tire en l'air, pour effrayer et éloigner la population.
Dans le quartier d'Abou Zaabal, à la périphérie du Caire, des cadavres sont alignés dans une mosquée. Selon Amgad, membre d'un des « comités populaires » créés pour enrayer les pillages, sur les 14 corps alignés, deux sont des policiers et le reste des évadés. Selon des témoins dans le quartier, des détenus se sont emparés, la nuit précédente, d'armes de leurs gardiens et s'en sont servis pour s'évader. Hier matin, il restait dans les cellules une poignée de détenus qui, n'ayant plus que quelques semaines à tirer, refusaient de s'échapper, de peur d'être repris et condamnés à nouveau. Huit membres du Hamas, eux aussi détenus à Abou Zaabal, ont préféré prendre la poudre d'escampette.
À Wadi Natroun, une prison au nord du Caire, ce sont 34 Frères musulmans, dont des chefs du groupe islamiste officiellement interdit en Égypte, qui sont partis, après que leurs gardes eurent déserté les lieux, a indiqué l'un de leurs avocats. Une source au sein des services de sécurité a indiqué que dans la nuit de samedi à dimanche des milliers de prisonniers avaient submergé les gardiens de Wadi Natroun et s'étaient dispersés dans les villes et les villages avoisinants. L'agence officielle égyptienne MENA a précisé que de nombreux prisonniers s'étaient emparés des armes de leurs gardes. Le dirigeant des Frères musulmans, Mohammad Mursi, a affirmé sur al-Jazira que les prisonniers islamistes ne s'étaient pas évadés. « Nous ne nous sommes pas enfuis. C'est la population qui nous a ouvert les portes, a-t-il déclaré. Nous allons très bien. » Selon lui, les dirigeants des Frères, Issam el-Erian et Saad el-Katatni étaient parmi ceux qui avaient été libérés.
Par ailleurs, des douzaines de personnes détenues à Fayum, au sud du Caire, se sont également enfuies après que des heurts avec la police eurent fait un mort parmi les forces de l'ordre. Des détenus se sont également enfuis de plus petites prisons dans les autres provinces égyptiennes, mais aucun chiffre n'était disponible dimanche soir.
Dans le quartier de Maadi, près de la fameuse prison de Tora située dans le sud du Caire, des soldats, postés à un barrage, fouillent les voitures. Ils sont à la recherche de fugitifs. Ils extraient un homme d'un véhicule, le jettent au sol et lui entravent les mains, faute de menottes, avec sa propre écharpe. « Il vient juste de s'évader », assure un soldat. Dans cette prison de Tora, connue pour avoir abrité de nombreux militants islamistes, des coups de feu venant de l'intérieur des murs sont audibles, alors que des militaires, baïonnettes aux canons, encerclent le bâtiment. Par rafales, un blindé tire en l'air, pour effrayer et éloigner la population.Dans le quartier d'Abou Zaabal, à la périphérie du Caire, des cadavres sont alignés dans une mosquée. Selon Amgad, membre d'un des « comités populaires »...
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