Parallèlement, le Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir) a organisé quatre contre-manifestations qui ont réuni des milliers de personnes dans la capitale. « Ne faites pas tomber la démocratie et la Constitution », pouvait-on lire sur l'une des banderoles brandies par des manifestants progouvernementaux.
En outre, des milliers de partisans du Mouvement sudiste, un groupe séparatiste, ont manifesté dans plusieurs villes du sud du Yémen, dont Daleh, Habilayn, Loder et Ezzan, scandant des slogans séparatistes. « Révolution, révolution dans le Sud », « Plutôt mourir libres que d'accepter l'occupation », répétait la foule, selon des participants.
Les manifestations se sont multipliées ces derniers jours au Yémen, un pays rongé par la pauvreté et le chômage. Le gouvernement a annoncé cette semaine une augmentation des salaires, une mesure destinée à « prévenir des problèmes similaires à ceux de la Tunisie », selon l'analyste yéménite Mustapha Nasr. Le ministre yéménite de l'Intérieur, Motahar Rachad al-Masri, a exclu, hier, toute similitude avec la révolte tunisienne qui a conduit à la chute de Zine el-Abidine Ben Ali le 14 janvier. « Le Yémen ne ressemble pas à la Tunisie », a-t-il déclaré à l'AFP, affirmant que le Yémen « est un pays démocratique » et les manifestations sont pacifiques.
Au pouvoir depuis 1978, M. Saleh a été élu pour la première fois en 1999 au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans. Il a été réélu pour la deuxième fois en 2006 pour un mandat qui arrive à expiration en 2013. Un projet d'amendement de la Constitution, en discussion au Parlement, pourrait ouvrir la voie à une présidence à vie pour l'actuel chef de l'État. L'opposition accuse en outre le président Saleh, 68 ans, de vouloir transmettre la présidence à son fils aîné Ahmad, chef de la garde républicaine, unité d'élite de l'armée. Mais le chef de l'État s'est défendu dans un discours télévisé dimanche soir de vouloir transmettre le pouvoir à son fils. « Nous sommes une république et je suis contre la transmission du pouvoir », a-t-il dit.


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