Au moins 500 personnes ont été arrêtées hier en Égypte, alors qu’un policier et un manifestant ont été tués lors de violentes manifestations contre le régime du président Hosni Moubarak. Asmaa Wagui/Reuters
Frappées d'une interdiction stricte par les autorités, les manifestations ont été moins nombreuses que la veille, alors que les accrochages lors des manifestations de mardi avaient fait quatre morts, trois manifestants et un policier. En outre, au moins 700 personnes ont été arrêtées lors des deux jours de manifestations, 500 hier, dont 90 au Caire, et 200 la veille, selon les services de sécurité.
Fer de lance de la contestation, le « Mouvement du 6 avril », un groupe de militants prodémocratie, a appelé à ces protestations « pour demander le droit de vivre, la liberté et la dignité ». En dépit de l'avertissement du ministère de l'Intérieur contre tout « acte de provocation, rassemblement de protestation (ou) marche ou manifestation », des militants avaient indiqué à l'AFP qu'ils n'en tiendraient pas compte et que les rassemblements auraient lieu.
Ces manifestations antigouvernementales, qui ont mobilisé des milliers de personnes à travers tout le pays, sont les plus importantes du genre survenues en Égypte depuis l'arrivée au pouvoir de M. Moubarak, 82 ans, en 1981. « Des milliers de personnes manifestent contre la pauvreté, le chômage, l'inflation et la corruption, et demandent le départ du gouvernement », a titré le quotidien égyptien indépendant al-Masri al-Yom.
Parallèlement, les appels se sont multipliés de l'étranger, demandant à l'Égypte d'engager des réformes répondant aux attentes de sa population. Le gouvernement devrait être « sensible » aux aspirations de son peuple, a jugé la présidence américaine, en encourageant Le Caire à « mener des réformes », alors que l'Union européenne a exhorté ce pays à écouter les demandes de changement politique.
Par ailleurs, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a invité les autorités égyptiennes à saisir l'opportunité des manifestations pour « s'intéresser aux problèmes légitimes du peuple », a souligné son porte-parole Martin Nesirky.
D'autre part, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a proposé hier au président égyptien Hosni Moubarak la tenue d'une réunion arabe sur l'avenir de la région où la révolte tunisienne fait tache d'huile.
Dans ce contexte, le roi Abdallah II de Jordanie a promis hier « d'aller de l'avant » dans les réformes politiques et économiques dans le royaume en proie à un mouvement de grogne contre l'inflation et le chômage.


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