Les données économiques « confirment que la reprise continue », mais son rythme reste « insuffisant pour entraîner une amélioration importante de la conjoncture sur le marché de l'emploi », indique le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) dans un communiqué publié à l'issue de deux jours de réunion à Washington. En conséquence, ajoute le texte, le Comité a décidé de maintenir le cap de sa politique monétaire ultra-accommodante.
Le taux directeur de la Fed est maintenu dans la marge de fluctuation de 0 à 0,25 % qui lui est assignée depuis plus de deux ans, et il devrait rester « exceptionnellement bas » encore longtemps, indique le texte.
Le FOMC a par ailleurs confirmé l'objectif de son programme de rachats d'obligations du Trésor américain lancé en novembre : la Fed prévoit toujours de racheter pour 600 milliards de dollars supplémentaires de titres de ce genre d'ici à la fin juin pour soutenir la reprise.
Le communiqué de la Fed a été approuvé à l'unanimité des membres votants du FOMC, pour la première fois depuis décembre 2009.
Le jugement des dirigeants de la Fed sur la conjoncture économique est très légèrement plus positif qu'à l'issue du dernier FOMC, mi-décembre.
Le texte note que « la hausse des dépenses des ménages s'est accélérée à la fin de l'année dernière », mais relève que les freins à la consommation, moteur traditionnel de la croissance, sont toujours là : « Chômage élevé », « croissance modeste des revenus », « baisse de la valeur du patrimoine immobilier » et « difficulté à obtenir des crédits ».
Par rapport au communiqué final de décembre, la référence à un ralentissement des dépenses des entreprises en équipements et en logiciels a disparu, la Fed constatant que celles-ci continuent d'augmenter.
Comme en décembre, le FOMC note en revanche que « les employeurs restent réticents à augmenter leur masse salariale », que « le taux de chômage est élevé » et que « les mesures de l'inflation sous-jacente sont plutôt basses, comparées aux niveaux que le Comité juge conformes, à long terme, à sa double mission », qui est d'assurer la stabilité des prix et le plein emploi.
Selon le Conference Board, institut de conjoncture privé, la reprise « devrait continuer de gagner de l'élan en 2011 », mais l'économie américaine reste exposée « à de forts vents contraires à moyen terme ».
À l'origine de la crise, le marché du logement et la construction résidentielle restent extrêmement faibles, alors que leur redressement passe pour être une des clefs de l'avènement d'une reprise durable.
Les chiffres publiés mercredi par le département du Commerce et témoignant d'un record de faiblesse des ventes de maisons neuves en 2010 donnent une idée du chemin restant à parcourir.
La croissance économique semble avoir nettement accéléré au quatrième trimestre, sous l'effet d'une poussée de la consommation et des exportations. Les analystes estiment que la première estimation officielle du PIB attendue pour vendredi devrait la faire apparaître à 3,7 % en rythme annualisé.
Nombre d'économistes et de dirigeants de la Fed estiment néanmoins que cette hausse ne devrait pas être tenable en 2011, notamment parce que les ménages n'apparaissent pas en mesure d'augmenter leurs dépenses comme ils l'ont fait avant Noël.


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