Liban

« Nous n’accepterons pas qu’une milice mette la main sur l’État et le pays », avertit la composante chrétienne du 14 Mars

Crise C'est un véritable cri d'alarme, doublé d'un avertissement, qu'a lancé la composante chrétienne du 14 Mars qui a tenu hier au siège du PNL des assises élargies en présence des leaders des partis et courants chrétiens du 14 Mars, et de nombreux députés et personnalités de la société civile. Affirmant que le coup de force entamé par le Hezbollah vise aussi bien le président de la République que « le Liban libre et indépendant », les personnalités présentes ont adressé une lettre ouverte à Sleiman lui demandant de s'en remettre à la Ligue arabe et à l'ONU pour faire face au coup d'État du Hezbollah.
OLJ
24/01/2011
Face au coup de force rampant auquel se livre le Hezbollah, soutenu par ses alliés locaux, en instrumentalisant les institutions constitutionnelles afin d'imposer un fait accompli aux Libanais, les personnalités, partis et courants chrétiens du 14 Mars ont tenu hier après-midi au siège du Parti national libéral, à Sodeco, une réunion élargie à l'issue de laquelle ils ont lancé un appel au président Michel Sleiman, soulignant que « le coup d'État qui est actuellement exécuté vous vise à vous (le chef de l'État), de même qu'il vise la liberté du Liban, son indépendance et son régime démocratique ». L'appel presse le président de la République à saisir la Ligue arabe, « parrain de l'accord de Doha », ainsi que le Conseil de sécurité de l'ONU, « responsable des résolutions 1701 et 1757 », afin qu'ils assument leurs responsabilités pour « la protection du Liban ».
Un vaste éventail de personnalités étaient présentes à ces assises chrétiennes, représentant aussi bien les partis et courants politiques chrétiens du 14 Mars (Parti national libéral, Kataëb, Bloc national, Forces libanaises, aile chrétienne du Courant du futur) que les différents secteurs professionnels de la société civile (professeurs d'université, journalistes, ingénieurs, médecins, avocats, hommes d'affaires, responsables d'ONG et d'associations des droits de l'homme ...). Étaient notamment présents à cette réunion - présidée par le leader du PNL, le député Dory Chamoun - le ministre Michel Pharaon, les députés Nadim Gemayel, Nabil de Freige, Atef Majdalani, Fady Habre, Serge Torsarkissian, les anciens députés Samir Frangié, Farès Souhaid et Salah Honein, le « Amid » du Bloc national Carlos Eddé, Mme May Chidiac, le général à la retraite Wehbé Katicha, secrétaire général des Forces libanaises, MM. Michel Khoury, membre du directoire Kataëb, Michel Mecattaf, Michel Liane, ancien bâtonnier de Beyrouth, Élias Moukheiber, Nagib Zouein (mouvement « Moultazimoun » ), Élie Mahfoud (Mouvement du changement) et de nombreuses personnalités de la société civile.
À l'issue des débats, le secrétaire général du PNL, Élias Abou Assi, a donné lecteur de l'appel suivant adressé au président de la République : « Un certain nombre de personnalités et de pôles chrétiens représentant la société civile ont tenu une réunion afin de passer en revue les graves développements dans le pays et ont adressé au président de la République une lettre ouverte dont voici la teneur :
« Monsieur le Président,
Nous nous adressons à vous en votre qualité de chef de l'État et de premier garant de la Constitution. Nous nous adressons aussi à vous en votre qualité également de premier représentant des chrétiens au sein du pouvoir et de garant du pacte de coexistence. Le Hezbollah a donné le coup d'envoi d'un coup d'État dirigé contre le pouvoir. Il a, plus particulièrement, enclenché un coup de force remettant en cause tous les engagements qu'il avait pris envers vous. Cette faction a provoqué la chute du gouvernement de partenariat national pour lequel vous aviez déployé d'intenses efforts afin d'en assurer le maintien et le succès. Ils ont provoqué la chute du cabinet en ayant recours au quorum constitutionnel et à l'apport d'un ministre ad hoc qu'ils n'avaient pas le droit d'utiliser, conformément aux engagements connus de tous (convenus dans le cadre de l'accord de Doha). Cette faction vous a placé, en outre, dans une position très délicate lorsqu'elle a réclamé avec insistance que la date des consultations parlementaires soit fixée sans délai, de même qu'elle a ensuite réclamé avec tout autant d'insistance que ces consultations soient reportées. Cet ajournement a ouvert la voie à des pressions exercées contre les députés. Sans compter qu'ils ont refusé que vous participiez au sommet tripartite syro-turco-qatari qui s'est tenu à Damas afin d'examiner la crise libanaise.»
Et d'ajouter : « Ce coup d'État en gestation est dirigé contre vous, de même qu'il vise la liberté du Liban, son indépendance et son régime démocratique. Le Liban est en danger, et le vivre-ensemble est en danger. Votre responsabilité devant Dieu, la nation et l'histoire est très lourde. Nous ne sommes pas à la recherche d'une protection ... Notre sort et celui des Libanais sont les mêmes. Les menaces ne nous font pas peur. Les armes miliciennes dont nous avons longtemps pâti ne nous font plus peur. Les doigts levés (allusion au comportement du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, durant ses discours) ne font pas peur aux hommes libres. »
« Nous n'accepterons pas qu'une milice armée mette la main sur l'État et le pays, poursuit le document. Quarante mille fusées ne sauraient vaincre la volonté d'un peuple qui a décidé de vivre dans la dignité. Nous n'accepterons pas que le visage du Liban soit modifié et que le régime se transforme en une dictature fondée sur un fanatisme religieux semblable à celui dont souffre le peuple iranien. Nous n'accepterons pas un retour à l'ère de la tutelle contre laquelle nous nous sommes soulevés et dont nous avons provoqué la chute. Nous voulons vivre dans un climat de paix, à l'ombre d'un État fondé sur la liberté, la souveraineté et la loi, un État civil qui n'établit pas de distinction entre un citoyen et l'autre, dans le cadre de la coexistence, seule susceptible d'assurer le respect de l'autre. Nous n'acceptons pas d'être des dhimmis au service d'un parti sectaire ou d'un État étranger. »
Et de conclure : » Nous recherchons une protection pour notre pays face à l'obscurantisme iranien rampant, face à une oppression fraternelle que nul n'a expérimentée autant que nous. Il est de notre droit, et il est de votre droit, de placer le monde devant ses responsabilités. Nous ne faisons pas face à des forces locales dans une lutte pour le pouvoir. Nous faisons face à un projet régional visant à changer la face du Liban pour en faire un État rebelle. Nous vous exhortons, Monsieur le Président, à vous en remettre à la Ligue arabe, parrain de l'accord de Doha, ainsi qu'au Conseil de sécurité, responsable des résolutions 1701 et 1757, afin qu'ils assument leurs responsabilités dans la protection du Liban. »

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué