Les dirigeants iraniens, qui n'hésitent pas à utiliser ce litige pour camoufler les problèmes internes du pays, ne montrent jusqu'à présent aucun signe de résipiscence : « Nous ne reculerons jamais », a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad qui s'est dit néanmoins prêt avec la communauté internationale à une « coopération sur la base de la justice et du respect ».
L'Iran est prêt à travailler avec la communauté internationale sur le dossier de la prolifération nucléaire mais ne négociera pas avec le « couteau sous la gorge », a indiqué pour sa part son ambassadeur à l'ONU.
Aux yeux des experts, même s'il traverse des difficultés techniques, l'Iran continue à stocker de l'uranium enrichi, un matériau indispensable à la confection d'une arme atomique dont il se défend de vouloir se doter. La poursuite de ces activités jette un ombre sur les résultats espérés de la réunion des « 5+1 » - États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne - avec l'Iran les 21 et 22 janvier à Istanbul.
Mais la simple tenue de la réunion constitue en soi un progrès, les deux parties ne s'étant pas réunies depuis plus d'un an. Les Six disent attendre un rétablissement de la confiance avec l'Iran par le biais de mesures concrètes comme l'échange, envisagé en 2009, d'uranium iranien faiblement enrichi contre du combustible pour faire fonctionner le réacteur nucléaire médical de Téhéran.
Les grandes puissances espèrent donc entrer dans le vif du sujet lors de la réunion prévue avec Téhéran, après le galop d'essai de Genève début décembre, a indiqué hier une responsable de l'UE, sous le couvert de l'anonymat. À ce stade encore préliminaire, il n'est pas question d'envisager de conclure un quelconque accord, « mais nous avons besoin d'un engagement à entrer dans les négociations sur le dossier nucléaire » de manière concrète, a ajouté le responsable.
« Je n'attends aucune percée mais je ne considère pas non plus que la réunion d'Istanbul soit celle de la dernière chance », confie Greg Thielmann, un des responsables d'un cercle washingtonien de contrôle des armements.


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