Jean-Claude Duvalier avec sa compagne et des gardes du corps, lors de son arrivée en Haïti. Hector Retamal/AFP
Mme Roy a déclaré que c'est le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250 000 morts qui ont poussé le couple à revenir en Haïti. « Ça a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision », a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que M. Duvalier parlerait bientôt à la presse, sans donner plus de détails.
Les Haïtiens ont été surpris par le retour de l'ex-dictateur de 59 ans qui a passé les dernières 25 années en France. Selon Osner Févry, un de ses anciens secrétaires d'État, « Duvalier ne serait pas revenu sans prendre contact à un niveau ou à un autre » avec le gouvernement du président sortant René Préval. Evans Paul, un ancien opposant aux Duvalier, devenu maire de Port-au-Prince, renchérit : « Je pense que M. Préval est à la base de cette décision. C'est une manœuvre de diversion et de provocation destinée à intensifier la confusion » née du premier tour contesté de l'élection présidentielle. L'épouse de M. Duvalier a démenti les accusations du maire de la capitale haïtienne. « Il n'y a eu absolument aucun contact. C'est en citoyen qu'il est revenu, en toute régularité avec un passeport diplomatique pour lequel il avait obtenu une prolongation d'une année », a dit Mme Roy à l'AFP.
Jean-Claude « Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit », avait réagi dimanche le Premier ministre Jean-Max Bellerive. « J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue », avait-il ajouté. Dès le retour de M. Duvalier, des organisations de défense des droits de l'homme ont exigé qu'il soit jugé. Son retour « devrait n'avoir qu'un seul but : qu'il se retrouve face à la justice », a estimé Jose Miguel Vivanco, le directeur de Human Rights Watch pour les Amériques. « Au cours de la présidence de Duvalier et de ses "Tontons macoutes", des milliers de personnes ont été tuées et torturées et des centaines de milliers d'Haïtiens ont dû s'exiler. Cela fait longtemps qu'il doit rendre des comptes », a-t-il poursuivi.
« Les violations des droits de l'homme, généralisées et systématiques, commises à Haïti durant le règne de Duvalier représentent des crimes contre l'humanité. Haïti a l'obligation de le poursuivre, ainsi que tous les responsables de ce genre de crimes », a indiqué de son côté Javier Zuñiga, conseiller spécial d'Amnesty International.
L'ex-dictateur est revenu le jour même où devait être organisé le deuxième tour de l'élection présidentielle qui a finalement été repoussé sine die en raison des incertitudes pesant sur les résultats du premier tour.


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