Le meurtre d’un Copte, mardi, par un policier a relancé les craintes de tensions confessionnelles en Égypte. Ce meurtre alourdit un climat déjà tendu, onze jours après un attentat meurtrier contre une église copte à Alexandrie, deuxième ville du pays, qui a fait 21 morts. Les obsèques de Fathi Saïd Ebeid, 71 ans, ont eu lieu hier dans une église du Caire, en présence de quelque 300 membres de la famille et amis. « On est en train de nous éliminer un à un », a lancé sa sœur Yvonne, en pleurs. Le gouverneur de Minya, Ahmed Diaa Eddine, dont dépend Samalut (où a eu lieu le drame), a estimé que « l’acte du policier était lié à son état mental » et non à la religion. Il a affirmé que le policier « avait essayé de tirer sur deux musulmans qui tentaient de le maîtriser mais n’avait plus de munitions ». Une version différente a toutefois été donnée par un religieux copte. Se fondant sur les témoignages des blessés, tous Coptes, le père Morcos, de l’évêché de Samalut, a assuré que le policier avait repéré un groupe comprenant des femmes ne portant pas le voile islamique. Comprenant qu’il s’agissait de Coptes, il a tiré sur eux en criant « Allah Akbar », a-t-il ajouté. Mohammad Abed/AFP
Cette réunion de crise, à l'initiative du Danemark et de l'ONG britannique The Foundation for Relief and Reconciliation in the Middle East (FRRME), réunit depuis hier et jusqu'à vendredi huit chefs religieux musulmans et chrétiens, « parmi les plus influents d'Irak », selon le révérend White. « Il y a une unité totale entre musulmans et chrétiens : nous devons faire quelque chose de radical » pour mettre un terme à l'escalade de la violence contre la communauté chrétienne du pays, qui a fait plus de 100 morts ces derniers mois et accéléré l'exode de ses membres, a indiqué Andrew White.
Le révérend White prédit des négociations « difficiles et délicates », mais « ces hommes, qui nourrissent une animosité importante les uns envers les autres, sont prêts à se rencontrer », s'est-il félicité. La ministre danoise des Affaires étrangères Lene Espersen, à l'origine de cette réunion, a souligné que les chefs religieux participant au séminaire avaient « le pouvoir et l'influence de négocier au nom des gens qu'ils représentent pour dénier toute légitimité à l'usage de la violence et pour appeler avec autorité à la réconciliation et à la paix ». Parmi les participants, dont les noms ont été gardés secrets par les organisateurs pour des raisons de sécurité, figurent, selon le révérend White, « le leader chiite cheikh Abdulhaleem al-Zubairi, le cheikh sunnite Abdul Latif Humayem, conseiller du Premier ministre, le secrétaire général du Mouvement démocratique assyrien Yonnadan Kanna ou encore l'archevêque Avak Asadorian, p rimat du diocèse arménien d'Irak ».
Le chanoine White, président de la FRRME, a rappelé que le christianisme avait « existé en Irak bien avant l'islam » et qu'il était donc urgent de rendre le pays « plus sûr » afin de stopper l'exode des chrétiens. Le christianisme constitue, selon lui, « les racines de ce pays, et si vous coupez ces racines, la plante mourra, et nous ne le voulons pour personne ». « La majorité des musulmans en Irak n'est pas contre les chrétiens », a-t-il encore affirmé en rappelant que les chrétiens « ne vivent pas dans les ghettos en Irak, ils vivent ensemble avec les musulmans ».
Évoquant les violences antichrétiennes, il a précisé qu'elles étaient « commises particulièrement par des groupes liés à el-Qaëda venus de l'extérieur ». « C'est le terrorisme qui est l'ennemi, et non l'islam », a-t-il martelé. Mais les risques encourus par les chrétiens ne concernent pas uniquement l'Irak. Selon le chanoine, ils « existent dans beaucoup, beaucoup de pays musulmans, car le christianisme est perçu comme totalement aligné sur l'Occident ». « Et puis vous avez des prêtres fous comme ce pasteur de Floride qui a menacé de brûler le Coran », ce qui, estime le révérend White, accroît l'hostilité des musulmans vis-à-vis de la chrétienté.


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