Un concert intime. Photo Mark Mansour
Toutes tripes dehors
La représentation unique d'In parallel a rassemblé mardi une foule sélecte au Music Hall, à Beyrouth. Le nombre limité de places (500) a permis de mettre en valeur une prestation chargée d'émotions, sur une scène dépouillée, réduite au plus strict minimum. Pas de groupe derrière lequel se cacher, pas d'effets pyrotechniques, pas de jeux spectaculaires de lumière... Anneke Van Giersbergen s'est lancée en premier - et avec courage - se mettant à nu face à une audience charmée. Ses compositions délicates, alternativement jouées au synthé et à la guitare, ont permis de bâtir une ambiance intime, que n'a pas interrompue le set suivant, bien au contraire.
En l'occurrence, Danny Cavanagh se sentait très à l'aise sur scène, et pour cause : le groupe est déjà passé deux fois en deux ans au Liban, grâce à l'infatigable Jihad el-Murr. Le dernier concert d'Anathema, donné l'an dernier au Forum de Beyrouth, avait été un succès phénoménal, rassemblant des fans venus de tout le Moyen-Orient. Et il faisait bon d'être fan d'Anathema ce mardi-là. Une bonne partie des titres du groupe, dont beaucoup tirés du cultissime « Alternative 4 », ont magistralement été interprétés par Cavanagh - et repris en chœur par un public ébloui - intercalés avec diverses reprises.
L'apogée résidait toutefois dans le dernier volet du concert, qui comportait une série de duos effectués par Van Giersbergen et Cavanagh. Le talent de ces deux bêtes de scène est réellement apparu à cet instant, ainsi que leur capacité à se mettre mutuellement en valeur. De Massive Attack à Dolly Parton, en passant par leurs groupes respectifs, plusieurs genres musicaux ont été couverts, sans jamais lasser. Ils étaient vraiment faits l'un pour l'autre ...

