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Économie - Liban - Bilan

Le succès du secteur touristique souillé par la surenchère politique

Après l'année 2009, classée « grand cru » par les spécialistes du secteur touristique, le bilan de l'année en cours est plus nuancé. Malgré un taux d'occupation qui avoisine les 70 % dans plusieurs hôtels de la ville, les présidents des syndicats de l'hôtellerie et de la restauration ont déploré le manque à gagner engendré par les tensions politiques et la détérioration de la situation sécuritaire au second semestre. Les hôtels haut de gamme s'en sortent, eux, plutôt indemnes.

Les hôtels haut de gamme, aussi bien dans la capitale qu’en montagne, affichent complet depuis plusieurs semaines.

Selon une étude du cabinet Deloitte & Touche, l'activité hôtelière a connu une contraction plus prononcée au Liban que dans la région au cours des dix premiers mois de l'année. Une information confirmée par le président du syndicat des hôteliers, Pierre Achkar. « Au cours des premiers mois, le taux d'occupation des hôtels a bondi de 27 % par rapport à la même période de 2009, ensuite la situation s'est quelque peu dégradée », a-t-il expliqué hier à L'Orient-Le Jour. En effet, avec les déflagrations qui ont eu lieu au début de la saison estivale dans les rangs de la Finul au Sud-Liban, le calme qui avait accompagné le mois de ramadan, la campagne médiatique autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et l'intox d'une guerre civile imminente, l'activité hôtelière a ralenti lors de la seconde moitié de l'année. Selon Pierre Achkar, la croissance de l'activité hôtelière enregistrée au cours de l'année s'élèverait à 11 % par rapport à 2009, alors que, selon ce responsable du secteur, « celle-ci aurait pu atteindre 30 % », si le pays n'avait pas connu de soubresauts politiques.
Car ne nous leurrons pas : malgré le nombre record de deux millions de visiteurs atteint fin novembre, « le chiffre d'affaires des restaurants et bars a chuté de 25 à 30 % en moyenne pour la période qui s'étend de juin à décembre », a déploré de son côté le président du syndicat des restaurants et bars, Paul Ariss, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour. Selon lui, l'année 2009 a témoigné de l'émergence d'un plus grand nombre de cafés et de bars que l'année 2010, illustrant ainsi la réticence des entrepreneurs à investir dans un contexte politique précaire.
Pourtant, il y a ceux qui tirent leur épingle du jeu, à savoir les hôtels de luxe. Grâce à leurs clients, ces happy few pour qui le contexte politique ne semble pas influer sur leurs choix, ces établissements sont en somme plutôt satisfaits de la performance de 2010.

Les établissements haut de gamme, plutôt épargnés
« Le taux d'occupation annuel a grimpé de 3 % avec, en prime, un prix moyen plus élevé que celui de 2009 », a ainsi indiqué à L'Orient- Le Jour la directrice de l'hôtel Albergo Relais & Châteaux, Jihane Khairallah. S'il est vrai que la surenchère politique a engendré plusieurs annulations, les clients ont vite fait de réactiver leurs réservations lorsqu'ils ont jugé que la situation sécuritaire n'était pas aussi « tendue » que celle reflétée par les médias. Un fait d'autant plus exacerbé par un changement de tendance dans le type de la clientèle, comme l'indique Pierre Achkar. « De plus en plus de célibataires appartenant à la communauté des affaires ont afflué cette année. N'ayant pas les mêmes craintes que celles de pères de famille, en cas de conflit quelconque, ils sont moins enclins à annuler définitivement leurs réservations », a-t-il expliqué.
Le bilan est également positif pour l'hôtel Le Gray, ouvert il y a un an de cela. Pour la responsable des ventes et du marketing, Hala Hachache, « Le Gray a réalisé un taux d'occupation inespéré pour un nouvel arrivant sur le marché hôtelier, ce dernier s'élevant en moyenne à 70 % sur l'ensemble de l'année ». Pour cet hôtel érigé au cœur du centre-ville de Beyrouth, comme pour l'Albergo Relais & Châteaux, le taux d'occupation pour la période qui s'étend du 23 décembre au 3 janvier est de 100 %. De plus, les différents restaurants et bars des deux hôtels sont archipleins pour ce soir.
Mais si les hôtels haut de gamme de la capitale affichent complet en cette saison, ceux de la montagne sont également très prisés. C'est notamment le cas de l'hôtel Mzaar InterContinental dont toutes les chambres ont été réservées depuis plusieurs semaines maintenant. Pour le responsable des ventes et du marketing, Georges Karam, l'année 2010 a été très bonne malgré les tensions politiques et le retard de la neige. « Cela est dû principalement au fait que nous témoignons d'une diversification de la clientèle. En effet, plusieurs sociétés organisent leur séminaire ici, loin de l'agitation urbaine », a-t-il précisé.
En somme, un ralentissement global de l'activité touristique a été noté, malgré un succès intact pour les « chanceux » du secteur. En attendant les coups de minuit, les feux d'artifice et les vœux échangés pour que l'année à venir soit meilleure... Bonne année !

Selon une étude du cabinet Deloitte & Touche, l'activité hôtelière a connu une contraction plus prononcée au Liban que dans la région au cours des dix premiers mois de l'année. Une information confirmée par le président du syndicat des hôteliers, Pierre Achkar. « Au cours des premiers mois, le taux d'occupation des hôtels a bondi de 27 % par rapport à la même période de 2009, ensuite la situation s'est quelque peu dégradée », a-t-il expliqué hier à L'Orient-Le Jour. En effet, avec les déflagrations qui ont eu lieu au début de la saison estivale dans les rangs de la Finul au Sud-Liban, le calme qui avait accompagné le mois de ramadan, la campagne médiatique autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et l'intox d'une guerre civile imminente, l'activité hôtelière a ralenti lors de la seconde moitié de...
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