Les hôtels haut de gamme, aussi bien dans la capitale qu’en montagne, affichent complet depuis plusieurs semaines.
Car ne nous leurrons pas : malgré le nombre record de deux millions de visiteurs atteint fin novembre, « le chiffre d'affaires des restaurants et bars a chuté de 25 à 30 % en moyenne pour la période qui s'étend de juin à décembre », a déploré de son côté le président du syndicat des restaurants et bars, Paul Ariss, dans un entretien avec L'Orient-Le Jour. Selon lui, l'année 2009 a témoigné de l'émergence d'un plus grand nombre de cafés et de bars que l'année 2010, illustrant ainsi la réticence des entrepreneurs à investir dans un contexte politique précaire.
Pourtant, il y a ceux qui tirent leur épingle du jeu, à savoir les hôtels de luxe. Grâce à leurs clients, ces happy few pour qui le contexte politique ne semble pas influer sur leurs choix, ces établissements sont en somme plutôt satisfaits de la performance de 2010.
Les établissements haut de gamme, plutôt épargnés
« Le taux d'occupation annuel a grimpé de 3 % avec, en prime, un prix moyen plus élevé que celui de 2009 », a ainsi indiqué à L'Orient- Le Jour la directrice de l'hôtel Albergo Relais & Châteaux, Jihane Khairallah. S'il est vrai que la surenchère politique a engendré plusieurs annulations, les clients ont vite fait de réactiver leurs réservations lorsqu'ils ont jugé que la situation sécuritaire n'était pas aussi « tendue » que celle reflétée par les médias. Un fait d'autant plus exacerbé par un changement de tendance dans le type de la clientèle, comme l'indique Pierre Achkar. « De plus en plus de célibataires appartenant à la communauté des affaires ont afflué cette année. N'ayant pas les mêmes craintes que celles de pères de famille, en cas de conflit quelconque, ils sont moins enclins à annuler définitivement leurs réservations », a-t-il expliqué.
Le bilan est également positif pour l'hôtel Le Gray, ouvert il y a un an de cela. Pour la responsable des ventes et du marketing, Hala Hachache, « Le Gray a réalisé un taux d'occupation inespéré pour un nouvel arrivant sur le marché hôtelier, ce dernier s'élevant en moyenne à 70 % sur l'ensemble de l'année ». Pour cet hôtel érigé au cœur du centre-ville de Beyrouth, comme pour l'Albergo Relais & Châteaux, le taux d'occupation pour la période qui s'étend du 23 décembre au 3 janvier est de 100 %. De plus, les différents restaurants et bars des deux hôtels sont archipleins pour ce soir.
Mais si les hôtels haut de gamme de la capitale affichent complet en cette saison, ceux de la montagne sont également très prisés. C'est notamment le cas de l'hôtel Mzaar InterContinental dont toutes les chambres ont été réservées depuis plusieurs semaines maintenant. Pour le responsable des ventes et du marketing, Georges Karam, l'année 2010 a été très bonne malgré les tensions politiques et le retard de la neige. « Cela est dû principalement au fait que nous témoignons d'une diversification de la clientèle. En effet, plusieurs sociétés organisent leur séminaire ici, loin de l'agitation urbaine », a-t-il précisé.
En somme, un ralentissement global de l'activité touristique a été noté, malgré un succès intact pour les « chanceux » du secteur. En attendant les coups de minuit, les feux d'artifice et les vœux échangés pour que l'année à venir soit meilleure... Bonne année !


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