Un manifestant pro-Ouattara, hier, devant le Golf Hotel d’Abidjan. Issouf Sanogo/AFP
« On ne parle plus d'intervention militaire de la Cédéao qui semble, heureusement, écartée pour le moment », a de son côté déclaré à l'AFP Jorge Borges, secrétaire d'État capverdien aux Affaires étrangères. Cela laisse « de l'espace et du temps pour bien réfléchir aux intérêts du pays et envisager une solution pacifique », a ajouté ce membre de la délégation capverdienne.
L'usage de la force restait toutefois dans le champ des possibles puisque les chefs d'état-major des pays de la région étaient également réunis mardi et mercredi à Abuja pour évoquer le dossier ivoirien. Selon un haut responsable militaire qui y participait, la réunion était notamment consacrée à « la question de la logistique ». « Ce que nous savons, c'est que la Cédéao souhaite envoyer une force de 2 000 à 3 000 hommes. En a-t-elle la capacité ? Ça, c'est une autre question », a indiqué une source diplomatique.
« L'option militaire reste sur la table », en a conclu le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi, pour qui c'est seulement le départ de Gbagbo « qui est en train d'être négocié ».
La poursuite du dialogue apparaît cependant comme une victoire ou au moins un répit pour le président sortant : la Cédéao avait chargé les trois dirigeants de l'appeler à se retirer au profit de Ouattara et brandi la menace d'une intervention armée. Au cours des semaines de crise née de la présidentielle controversée du 28 novembre, Gbagbo a plaidé pour le dialogue, tout en indiquant clairement qu'il n'envisageait nullement de céder sa place à son rival, qui se voit aussi comme seul président légitime.
Pour sa part, Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes », partisans de Gbagbo, a affirmé hier qu'ils allaient « libérer à mains nues » à partir de samedi le Golf Hotel d'Abidjan qui sert de quartier général au camp Ouattara. « C'est le lieu (moment) enfin (pour) que nous ayons la paix en Côte d'Ivoire », a-t-il ajouté.
Mais la crise postélectorale a déjà été marquée par des violences meurtrières. Au moins 173 personnes ont été tuées selon l'ONU autour de la mi-décembre, essentiellement des partisans de M. Ouattara. Le gouvernement Gbagbo a évoqué un bilan de 53 morts depuis fin novembre, dont 14 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS, loyales au sortant).
La pression internationale restait par ailleurs forte sur le pouvoir en place. L'Union européenne va ainsi porter à 61 le nombre de personnes, proches de Gbagbo, qui seront interdites de visas, selon une source diplomatique. L'UE a en outre décidé de ne reconnaître que « les ambassadeurs nommés par le président Alassane Ouattara », a annoncé l'ex-puissance coloniale française. Mardi, le gouvernement Gbagbo a menacé de renvoyer des ambassadeurs de pays qui ne reconnaissent plus ses représentants et veulent nommer à leur place des diplomates pro-Ouattara.


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