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Moyen Orient et Monde - Conflit

Au Nigeria, les tensions entre chrétiens et musulmans s’exacerbent

Des affrontements ont éclaté hier entre groupes armés chrétiens et musulmans dans les environs de la ville de Jos, dans le centre du Nigeria. Les troubles ont été provoqués par une série d’explosions qui se sont soldées par 39 morts et plus de 70 blessés la veille de Noël dans la région de Jos.

Une série sans précédent d’attentats à la bombe et d’attaques d’églises ont secoué la ville de Jos, dans le centre du Nigeria. Afolabi Sotunde/Reuters

Après une série d'attentats à la bombe perpétrés la veille de Noël dans la ville de Jos, de nouvelles violences ont éclaté hier dans le centre du Nigeria où cohabitent difficilement chrétiens et musulmans, a déclaré la police. Trente-huit personnes avaient été tuées et 74 blessées vendredi, dont beaucoup faisaient leurs courses à la veille de Noël, dans des explosions à Jos, à la limite entre le Nord majoritairement musulman et le Sud principalement chrétien du pays le plus peuplé d'Afrique, selon la police. Une église a également été visée, selon le gouverneur local.
« Il y a eu quelques échauffourées entre deux groupes, mais la situation est maintenant sous contrôle », a déclaré à l'AFP le commissaire Abdulrahman Akano de la police de l'État du Plateau dont Jos est la capitale. Les affrontements d'hier ont fait un mort et « une ou deux maisons ont été incendiées », a-t-il dit sans donner davantage de précisions sur la victime. Un correspondant de l'AFP avait vu auparavant deux maisons en train de brûler et de la fumée venir d'un autre quartier.
Dimanche, l'armée avait été déployée en force pour patrouiller dans les rues de Jos afin d'empêcher une nouvelle flambée de violence dans une région qui est régulièrement le théâtre d'affrontements intercommunautaires et où l'approche des élections, prévues en avril, a fait monter la tension. À Jos, des soldats arrêtaient et fouillaient des voitures.
Le chef d'état-major de l'armée, le général Azubuike Ihejirika, a estimé que les attentats de vendredi à Jos, sans précédent, changeaient la donne dans la région. « Le recours à des bombes ajoute une dimension terroriste », a-t-il dit à Port Harcourt (Sud) cité hier par les médias locaux, alors que les violences dans le centre du Nigeria opposaient jusqu'à présent les communautés chrétienne et musulmane dans un cycle d'attaques et représailles, mais n'incluaient généralement pas d'attentats à l'explosif.
Dans une première réaction, le président nigérian, Goodluck Jonathan, a promis samedi de faire traduire en justice les responsables d'attentats « qui ont tué de nombreux Nigérians innocents, tant chrétiens que musulmans », à Jos. « C'est la première fois que des explosifs de cette puissance sont utilisés », apparemment de la dynamite, avait déclaré samedi le commissaire Akano de la police de l'État du Plateau. La police n'avait pas encore déterminé qui était derrière les attentats, avait-il dit.
Outre les attentats commis à Jos, des membres présumés de la secte islamiste Boko Haram ont attaqué, également vendredi, trois églises dans la ville de Maiduguri, dans le Nord, incendiant l'une d'elles et faisant six morts, selon l'armée. Aucun lien n'a été dans un premier temps établi entre ces différentes violences. Plus de 50 personnes, dont des policiers, des soldats, des religieux, des chefs locaux et des politiciens, ont été tuées à Maiduguri, au cours des cinq derniers mois, par des hommes soupçonnés d'appartenir à la secte Boko Haram, qui affirme vouloir instaurer un État islamiste « pur ». En juillet 2009, la secte, qui se réclame des talibans d'Afghanistan, comptait des milliers de partisans. Elle avait alors mené une offensive coordonnée contre des commissariats dans plusieurs États du Nord.
L'Union africaine a condamné les attentats à la bombe de la veille de Noël et présenté ses condoléances aux familles des victimes. « L'UA réaffirme sa détermination à combattre le terrorisme et à appuyer les efforts actuellement déployés sur le terrain par les États membres à cet effet », a déclaré le président de l'UA, le Gabonais Jean Ping, dans un communiqué.

Après une série d'attentats à la bombe perpétrés la veille de Noël dans la ville de Jos, de nouvelles violences ont éclaté hier dans le centre du Nigeria où cohabitent difficilement chrétiens et musulmans, a déclaré la police. Trente-huit personnes avaient été tuées et 74 blessées vendredi, dont beaucoup faisaient leurs courses à la veille de Noël, dans des explosions à Jos, à la limite entre le Nord majoritairement musulman et le Sud principalement chrétien du pays le plus peuplé d'Afrique, selon la police. Une église a également été visée, selon le gouverneur local.« Il y a eu quelques échauffourées entre deux groupes, mais la situation est maintenant sous contrôle », a déclaré à l'AFP le commissaire Abdulrahman Akano de la police de l'État du Plateau dont Jos est la capitale. Les affrontements...
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