Le terme de crèche apparut dès le XIIe siècle. Il désigne la mangeoire pour les animaux dans laquelle la Vierge a déposé Jésus à sa naissance, selon saint Luc. La crèche désignera par la suite le lieu de la Nativité, puis la scène même de l'événement. En 1223, François d'Assise, chef et fondateur de l'ordre des franciscains quitte Rome et se retire dans un ermitage en Ombrie à Greccio ; sa première tâche est d'y organiser à sa façon la célébration de Noël. Une crèche est donc construite dans la montagne avec un âne, un bœuf, l'Enfant Jésus couché dans une mangeoire, Joseph, la Vierge Marie, les Rois mages, les bergers et les paysans. C'était les gens du village qui représentaient tous ces personnages. Les paysans des environs arrivaient en procession. Les disciples qui écrivent quelques années plus tard la vie du saint racontent que dans le berceau de paille, l'Enfant Jésus apparut véritablement, qu'il ouvrit les yeux et sourit à François.
La célébration de Noël à Greccio par un personnage aussi prestigieux que François diffuse progressivenment dans tout l'Occident l'usage de la crèche. Mais pour les crèches vivantes, il n'était pas aisé de mobiliser tant de figurants pour une longue période et dans des conditions assez spartiates à l'époque. Aussi, on préféra des figurines de terre cuite, de cire, de pain de mie, de céramique ou de bois sculpté pour symboliser les personnages de la crèche. Conscients du pouvoir de ces compositions, les jésuites réalisent des crèches d'église, notamment à Prague en 1562, qui figurent parmi les plus anciennes connues. À Karlstejn, il y a un des plus beaux musées de crèches de Noël en République tchèque. Les plus célèbres, parce que les plus abouties, furent les crèches napolitaines, dont la réputation date du XVe siècle. On y fabriqua les plus belles figurines en terre vernissée : colorées, vêtues de riches étoffes, elles atteignirent la taille humaine. Faisant l'admiration de tous, elles se développèrent alors dans les églises au XVIe siècle, puis entrèrent dans les demeures aristocratiques. Depuis 1830, la famille de Gennaro Di Virgilio fabrique des figurines pour les crèches de Noël. Elle y met chaque année une personnalité célèbre. Pour l'artisan, la figurine de l'Australien Julien Assange permet « d'ajouter un peu de gaieté » à cette tradition. Le fondateur de WikiLeaks sera donc dans la crèche avec son ordinateur au nom de son site web.
En France, l'interdiction faite pendant la Révolution de présenter en public des scènes religieuses favorise le développement des crèches domestiques et le commerce des petits personnages, parmi lesquels des bergères aux joues roses en costume du XVIIIe siècle. Puis au fur et à mesure, les crèches s'inspirent de la vie locale. Dans un style naïf, les artisans évoquent des personnages typiques de la région ou du village ou des défunts de la famille. À partir du XIXe siècle, la crèche provençale devient la plus populaire. Elle finit par repésenter tous les métiers de l'époque en costume local des années 1820 à 1850. Le nom des santons vient du provençal « santoun » qui signifie « petit saint ». Ils étaient alors façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et au vernis. Depuis le début du XIXe siècle, les santonniers se transmettent de père en fils leur art populaire dans le respect des traditions. Marseille est capitale santonnière depuis 1803...
Il est d'usage d'installer sa crèche le 1er dimanche de l'Avent, ou pour la Saint-Nicolas, il paraît qu'il faut la garder jusqu'au 2 février, date de la présentation de Jésus au Temple. Entre-temps, les Rois mages Melchior, Gaspard et Balthazar chargés d'or, de myrrhe et d'encens sont arrivés le 6 janvier, jour de l'Épiphanie, guidés par l'étoile du berger...
À ceux qui, pour diverses raisons, réveillonneront ce soir loin de leurs familles, ceux qui seront au chevet d'un malade ou qui viennent de perdre un être cher, tous mes vœux de tranquillité d'esprit et de consolation... Et à ceux qui seront réunis dans la joie avec leurs familles : profitez de ces instants précieux, ne pensez ni au passé ni au futur, ne pensez qu'aux présents !... Joyeux Noël !
Source principales :
Herodote.net
actualites-francaises.com
Vannes-catholique.fr

