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Moyen Orient et Monde - Corées

Pyongyang menace Séoul d’« une guerre sacrée » au « moment opportun »

Le Sud a procédé à de nouvelles manœuvres militaires près de la frontière.

Huit cents soldats, trente chars, sept hélicoptères, six avions de combat, des missiles antichars et des lanceurs de roquettes faisaient partie des manœuvres sud-coréennes. Dong-A Ilbo/AFP

Séoul a procédé à des manœuvres militaires hier près de la frontière avec la Corée du Nord. Les exercices aéro-terrestres sud-coréeens, les plus importants de cette année, ont eu lieu un mois jour après jour après les tirs d'obus nord-coréens sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, premiers bombardements par Pyongyang d'une zone civile depuis la fin de la guerre de Corée (1953). Les exercices sud-coréens ont duré un peu moins d'une heure. Y participaient 800 soldats, 30 chars, sept hélicoptères, six avions de combat, des missiles antichar et des lanceurs de roquettes. La Corée du Sud, qui a entamé la veille quatre jours de manœuvres navales en mer du Japon, a souligné leur caractère purement défensif.
Mais Pyongyang a dénoncé « une provocation militaire grave » et estimé que ces manœuvres servaient à préparer « une guerre d'agression », a fustigé le ministre de la Défense nord-coréen Kim Young-chun, cité par l'agence officielle KCNA. Les forces armées nord-coréennes « sont en train de se préparer complètement à déclencher une guerre sacrée de justice dans le style coréen, fondé sur la dissuasion nucléaire, au moment opportun pour répondre aux actions ennemies qui poussent délibérément la situation au bord de la guerre », a indiqué KCNA. En visite dans une caserne, le président sud-coréen Lee Myung-bak a pour sa part souligné sa détermination à riposter en cas d'attaque. « Nous avons supporté tout cela trop longtemps. Nous pensions pouvoir maintenir la paix dans ce pays si nous supportions (en silence) mais cela n'a pas été le cas, a-t-il déclaré, selon l'agence Yonhap. Désormais, nous devons riposter fermement pour maintenir la paix et empêcher les provocations. »
Plusieurs analystes estiment que Pékin a demandé le calme à Pyongyang jusqu'à la visite du président Hu Jintao aux États-Unis le 19 janvier. Ils s'attendent à des frappes après janvier. Mercredi, la Maison-Blanche avait mis en garde Pyongyang contre une réaction violente, soulignant que les exercices étaient de nature défensive et annoncés à l'avance. Le département d'État américain a fustigé hier les « ficelles guerrières » et la « rhétorique enflammée » employées par la Corée du Nord et demandé des « actes constructifs » de Pyongyang. Les États-Unis comptent 28 500 soldats au sud de la péninsule.
Lundi, Pyongyang avait renoncé à réagir militairement aux manœuvres sur Yeonpyeong. Le Nord a également accepté le retour sur son sol des inspecteurs nucléaire de l'ONU, chassés en avril 2009, selon Bill Richardson, un ancien haut diplomate américain qui a effectué cette semaine une visite de cinq jours à Pyongyang. Mais les analystes jugent quasi inévitable une prochaine agression de la Corée du Nord sur le Sud, afin notamment de conforter la succession en cours à Pyongyang. « La question n'est pas de savoir s'il y aura une autre provocation, mais de savoir quand », estime Peter Beck, analyste au Conseil des relations étrangères, basé à Washington. Pyongyang a besoin de ce type d'actions pour conforter la position de Kim Jong-un, le plus jeune des fils du dirigeant actuel Kim Jong-il choisi par ce dernier pour lui succéder, ajoute l'expert. « Le but est de présenter Jong-un comme un leader fort et solide, et de rassembler les gens derrière le régime en alimentant la crainte d'une guerre », ajoute Peter Beck.
Kim Jong-il avait gagné « ses lettres de noblesse » de futur dirigeant de la Corée du Nord en fomentant l'assassinat du président sud-coréen en visite en Birmanie en 1983, qui avait échoué, et l'attentat contre un avion de la compagnie sud-coréenne Korean en 1987, qui avait fait 115 morts.
Séoul a procédé à des manœuvres militaires hier près de la frontière avec la Corée du Nord. Les exercices aéro-terrestres sud-coréeens, les plus importants de cette année, ont eu lieu un mois jour après jour après les tirs d'obus nord-coréens sur l'île sud-coréenne de Yeonpyeong, premiers bombardements par Pyongyang d'une zone civile depuis la fin de la guerre de Corée (1953). Les exercices sud-coréens ont duré un peu moins d'une heure. Y participaient 800 soldats, 30 chars, sept hélicoptères, six avions de combat, des missiles antichar et des lanceurs de roquettes. La Corée du Sud, qui a entamé la veille quatre jours de manœuvres navales en mer du Japon, a souligné leur caractère purement défensif.Mais Pyongyang a dénoncé « une provocation militaire grave » et estimé que ces manœuvres servaient à...
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