Séoul et Washington pensent qu'il y a peut-être trois ou quatre autres sites d'enrichissement de l'uranium sur le sol nord-coréen, affirme le journal Chosun Ilbo, qui cite des sources sud-coréennes des services secrets. « Il s'agit d'un article fondé sur des renseignements des services secrets et je veux juste dire que nous suivons le dossier depuis un bon moment », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères, Kim Sung-hwan. « Il est selon moi très probable qu'une autre usine d'enrichissement d'uranium existe dans ce pays, dans le secret », a-t-il ajouté dans le magazine américain Foreign Affairs.
Par ailleurs, la Russie a placé ses forces stationnées dans l'est de son territoire en état d'alerte en raison des tensions sur la péninsule coréenne, a déclaré hier le chef d'état-major de l'armée russe cité par l'agence Interfax. « Nous avons pris des mesures pour que nos forces soient davantage prêtes au combat », a dit le général Nikolaï Makarov, ajoutant que l'armée russe « continue à surveiller » la situation.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait déclaré lundi à son homologue nord-coréen, Pak Ui-chun, en visite à Moscou, que la Russie était « profondément préoccupée par l'accroissement des tensions politiques et militaires sur la péninsule ». Il a ajouté que le bombardement d'une île sud-coréenne par la Corée du Nord en novembre méritait d'être condamné. Il a toutefois souligné que les manœuvres militaires conjointes entre la Corée du Sud et les États-Unis contribuaient à alimenter les tensions dans la région.
De son côté, la Chine a assuré hier que la Corée du Nord était d'accord pour œuvrer à une baisse des tensions dans la péninsule coréenne et avait une « attitude positive » concernant la reprise des négociations à six sur son programme nucléaire. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu, a évoqué lors d'un point de presse la récente visite à Pyongyang du conseiller d'État chinois Dai Bingguo et ses entretiens avec le numéro un nord-coréen Kim Jong-il. « Les deux pays pensent que toutes les parties devraient garder leur calme, exercer la retenue et adopter une attitude responsable afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions et jouer un rôle constructif dans le maintien de la paix et de la stabilité », a indiqué Mme Jiang, faisant référence au bombardement meurtrier le mois dernier par la Corée du Nord de l'île du Sud et qui a provoqué un tollé international alors que la Chine a été le seul grand pays à ne pas condamner.
La Chine et la Corée du Nord « vont continuer (d'œuvrer pour) le processus des négociations à six qui visent la dénucléarisation de la péninsule coréenne », a poursuivi le porte-parole. C'est pourtant Pyongyang qui a claqué la porte, en avril 2009, des discussions multipartites qui regroupent les deux Corées, la Chine, le Japon, les États-Unis et la Russie.


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