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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Mottaki limogé, Ahmadinejad renforce son emprise sur la diplomatie iranienne

Téhéran affirme qu'il n'y aura aucun changement dans les fondements de sa politique nucléaire qui « sont définis à un plus haut niveau ».
Le limogeage du chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki pourrait traduire une volonté du président Mahmoud Ahmadinejad de reprendre en main la politique étrangère déterminante dans le dialogue nucléaire avec les grandes puissances, selon les médias.
Officiellement, l'Iran a assuré hier que cette décision n'affectera pas son dialogue sur le dossier controversé du nucléaire et rappelé que le ministère ne fait qu'appliquer la politique du président. « Je ne pas pense pas qu'il y aura le moindre changement dans la politique nucléaire (de l'Iran) ni dans les discussions » sur le dossier nucléaire iranien, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast. « Les grandes lignes de la politique étrangère de l'Iran sont définies à un plus haut niveau, et le ministère des Affaires étrangères exécute cette politique », a-t-il souligné.
M. Mottaki a été limogé abruptement lundi par le président Mahmoud Ahmadinejad qui n'a donné aucune explication. Le président iranien a désigné le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi pour assurer l'intérim.
Plusieurs médias iraniens laissaient entendre hier que M. Ahmadinejad souhaitait confirmer M. Salehi à la tête de la diplomatie iranienne qui, ainsi confiée à « un de ses proches », pourrait jouer un rôle accru.
« Le gouvernement avait une diplomatie active, agressive, mais c'était essentiellement à l'initiative du président, et le ministère des Affaires étrangères ne donnait pas satisfaction de ce point de vue », a souligné le site conservateur Rajanews.com proche de M. Ahmadinejad. Pour plusieurs journaux, le limogeage de M. Mottaki est aussi l'aboutissement d'un conflit créé par la décision de M. Ahmadinejad de confier à une poignée de proches conseillers certaines missions diplomatiques sensibles directement sous son contrôle. Cette « diplomatie parallèle » a été dénoncée par une partie du camp conservateur opposée à M. Ahmadinejad, notamment au Parlement dont le président Ali Larijani est réputé proche de M. Mottaki. « Le président a mis fin à son désaccord avec le ministre des Affaires étrangères », a estimé le quotidien conservateur Qods en expliquant que certaines initiatives diplomatiques de conseillers à la présidence avaient provoqué de « vives réactions » de M. Mottaki. Le quotidien Khabar, proche de Ali Larijani, a souligné de son côté que M. Salehi est « l'un de ces gestionnaires destinés à former un nouveau cercle au sein du gouvernement, bien qu'il ne soit pas forcément sur la même ligne idéologique que le président ».
M. Salehi, scientifique formé aux États-Unis, avait été nommé à la tête de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (OEAI) en juillet 2009, peu après la réélection contestée de M. Ahmadinejad. Cet ancien ambassadeur auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), où les Occidentaux l'avaient apprécié pour sa modération, a depuis lors mené le développement du programme nucléaire iranien à marche forcée, accumulant annonces de succès et d'initiatives très fortement médiatisés.
Son arrivée à la tête de la diplomatie iranienne intervient alors que Téhéran a repris le 6 décembre à Genève, après un an d'interruption, le dialogue avec les grandes puissances sur son programme nucléaire. Un second round de négociations est prévu fin janvier à Istanbul.
L'Iran, condamné en juin pour la sixième fois par le Conseil de sécurité de l'ONU, est depuis l'été sous le coup de sanctions économiques internationales sévères, notamment des pays occidentaux qui soupçonnent Téhéran de chercher, malgré ses démentis répétés, à se doter de l'arme atomique.
Le limogeage du chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki pourrait traduire une volonté du président Mahmoud Ahmadinejad de reprendre en main la politique étrangère déterminante dans le dialogue nucléaire avec les grandes puissances, selon les médias.Officiellement, l'Iran a assuré hier que cette décision n'affectera pas son dialogue sur le dossier controversé du nucléaire et rappelé que le ministère ne fait qu'appliquer la politique du président. « Je ne pas pense pas qu'il y aura le moindre changement dans la politique nucléaire (de l'Iran) ni dans les discussions » sur le dossier nucléaire iranien, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires...
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