La mammographie annuelle est indéniablement le test à faire pour détecter un cancer du sein.Photo 20minutes.fr
Q. Quel est le rôle du radiologue ?
R. Le radiologue doit être formé à lire une mammographie. Il est important qu'il ait une formation dans ce cadre. La radiologie évolue et nous sommes passés d'une spécialité de machines (échographie, IRM...) à une spécialité d'organes. De nos jours, le radiologue se spécialise dans un domaine, comme l'imagerie féminine (c'est-à-dire imagerie mammaire, gynécologique et obstétrique), l'imagerie thoracique, cérébrale ou autres.
Quand faire une mammographie ?
En France aujourd'hui, le programme de dépistage du cancer du sein, généralisé depuis 2004, propose aux femmes de 50 à 74 ans une mammographie tous les deux ans. Un dépistage individuel est possible avant 50 ans, en fonction de l'analyse du risque et de l'attente de chaque femme.
En décembre 2009, le Sénat américain a revoté pour un dépistage mammographique annuel à partir de 40 ans, sans limite supérieure d'âge. Au Liban, on suit ce schéma, puisque la majorité des cancers du sein sont détectés chez des femmes âgées de moins de 50 ans. En cas d'histoire familiale, le dépistage commence dix ans plus tôt que l'âge auquel la tumeur a été détectée chez la patiente la plus jeune de la famille. Dans certains cas, le risque relatif à chaque patiente est pris en considération.
Il faudrait toutefois ne pas affoler les femmes jeunes de 30-35 ans, en leur faisant faire « à toute fin utile » des mammographies. Ceci pour éviter qu'elles ne se lassent et qu'elles n'en fassent plus à un âge où probablement le risque de cancer du sein va augmenter. Il faudrait voir au cas par cas, en tenant compte des antécédents familiaux et en évaluant les facteurs de risque.
Quelle mammographie choisir ?
Les mammographies analogues et digitales sont équivalentes. La mammographie digitale, moins irradiante, est toutefois plus conseillée aux femmes jeunes, en préménopause et à celles qui ont des seins denses, parce qu'elle a un meilleur contraste. De plus, nous allons réaliser une échographie chez les patientes qui ont les seins denses d'une façon systématique et/ou lorsque nous avons un doute sur la mammographie : en présence d'une masse par exemple. Dans ces cas, l'échographie permet de faire la différence entre un kyste bénin (aucun contrôle requis) et une masse solide où un contrôle ou des prélèvements percutanés peuvent être conduits. En ce qui concerne l'IRM, elle est de première ligne chez les femmes considérées à risque, c'est-à-dire qui sont issues de familles où plusieurs femmes ont déjà eu un cancer du sein ou de l'ovaire. L'IRM peut être utilisée en deuxième intention pour apporter des renseignements supplémentaires à la mammographie et l'échographie.
Quel est le taux d'erreurs ?
Il existe toujours un risque connu de faux négatifs (cancer d'intervalle) ou des cancers manqués. Il dépend de la qualité de l'image produite et de la formation des personnels de santé. Malheureusement, tous les centres ne se valent pas. Il faut donc choisir son centre, son radiologue et faire confiance à son médecin référent. Le contrôle de qualité est donc très important pour l'obtention d'une qualité d'image optimale permettant un diagnostic précoce du cancer du sein infraclinique (non palpable). D'où l'importance d'avoir des radiologues bien formés et compétents. En tant que femmes, nous avons une chance d'avoir des campagnes de dépistage du cancer du sein. Mais ces campagnes doivent répondre à nos attentes. Il faut qu'il y ait donc des centres de référence dans toutes les régions libanaises. Il serait en outre important de réduire le nombre de centres qui ne sont pas conformes aux normes, d'améliorer la qualité des autres pour répondre aux exigences requises et enfin de les répartir sur l'ensemble du territoire.
Comment se préparer à une mammographie ?
Il n'est pas nécessaire de faire la mammographie dans les cinq jours qui suivent le cycle menstruel. L'avantage de la réaliser durant cette période c'est qu'on est sûr que la femme n'est pas enceinte d'une part, et qu'elle va mieux tolérer la compression de la glande mammaire d'autre part. Sinon, en ce qui nous concerne, nous radiologues, nous n'avons pas de problèmes à interpréter la mammographie à n'importe quelle période, mais il faut s'assurer que la femme ne soit pas enceinte.
Par ailleurs, il est important, le jour de la mammographie, de ne pas appliquer un déodorant ou une crème du corps. Il est aussi nécessaire de garder les anciennes mammographies et échographies pour suivre l'évolution.

