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Moyen Orient et Monde - Élection

Un pays, deux « présidents » ? La Côte d’Ivoire au bord du gouffre

Ouattara et Gbagbo successivement proclamés vainqueurs.
La Côte d'Ivoire était hier en pleine tourmente, le Conseil constitutionnel ayant proclamé la victoire du sortant Laurent Gbagbo à la présidentielle du 28 novembre, pourtant remportée par Alassane Ouattara selon la commission électorale. Au pouvoir depuis 2000, Laurent Gbagbo a été réélu président avec 51,45 % des suffrages, contre 48,55 % à son rival, selon les résultats définitifs du second tour annoncés par le président du Conseil, Paul Yao N'Dré. Le Conseil constitutionnel, dirigé par un proche du chef de l'État, a ainsi invalidé les résultats provisoires donnés jeudi par la Commission électorale indépendante (CEI), qui créditaient l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara d'une large victoire, par 54,1 % contre 45,9 %.
Avant la proclamation des résultats définitifs, le camp Ouattara avait mis en garde contre un « putsch » de M. Gbagbo, en rejetant par avance les annonces du Conseil. Dans cet imbroglio, le Premier ministre Guillaume Soro a rejeté la « victoire » de M. Gbagbo et a demandé « instamment » au représentant de l'ONU dans le pays, Youn-jin Choi, de se prononcer sur les résultats, comme il en est mandaté par le Conseil de sécurité. En réponse, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara. « Le secrétaire général félicite M. Alassane Ouattara (...) pour son élection et demande au président élu de travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d'Ivoire », a déclaré le porte-parole de M. Ban.
« Un pays, deux présidents bientôt ? », se demandait en une hier le quotidien privé L'Inter, s'attendant à la proclamation du Conseil. Toujours sous couvre-feu jusqu'à dimanche, le pays est en partie coupé de l'extérieur après la décision de l'armée de fermer les frontières - en tout cas dans la partie sud sous son contrôle - et après la suspension de la diffusion des chaînes d'information étrangères. En Côte d'Ivoire comme à l'étranger, beaucoup craignaient une explosion de violence après deux semaines de fortes tensions marquées par une série d'affrontements sanglants.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé de « prendre les mesures appropriées » contre ceux qui entravent le processus électoral. Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a averti qu'il « surveillait » la situation.

La Côte d'Ivoire était hier en pleine tourmente, le Conseil constitutionnel ayant proclamé la victoire du sortant Laurent Gbagbo à la présidentielle du 28 novembre, pourtant remportée par Alassane Ouattara selon la commission électorale. Au pouvoir depuis 2000, Laurent Gbagbo a été réélu président avec 51,45 % des suffrages, contre 48,55 % à son rival, selon les résultats définitifs du second tour annoncés par le président du Conseil, Paul Yao N'Dré. Le Conseil constitutionnel, dirigé par un proche du chef de l'État, a ainsi invalidé les résultats provisoires donnés jeudi par la Commission électorale indépendante (CEI), qui créditaient l'ex-Premier...
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