Avant la proclamation des résultats définitifs, le camp Ouattara avait mis en garde contre un « putsch » de M. Gbagbo, en rejetant par avance les annonces du Conseil. Dans cet imbroglio, le Premier ministre Guillaume Soro a rejeté la « victoire » de M. Gbagbo et a demandé « instamment » au représentant de l'ONU dans le pays, Youn-jin Choi, de se prononcer sur les résultats, comme il en est mandaté par le Conseil de sécurité. En réponse, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a reconnu la victoire d'Alassane Ouattara. « Le secrétaire général félicite M. Alassane Ouattara (...) pour son élection et demande au président élu de travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d'Ivoire », a déclaré le porte-parole de M. Ban.
« Un pays, deux présidents bientôt ? », se demandait en une hier le quotidien privé L'Inter, s'attendant à la proclamation du Conseil. Toujours sous couvre-feu jusqu'à dimanche, le pays est en partie coupé de l'extérieur après la décision de l'armée de fermer les frontières - en tout cas dans la partie sud sous son contrôle - et après la suspension de la diffusion des chaînes d'information étrangères. En Côte d'Ivoire comme à l'étranger, beaucoup craignaient une explosion de violence après deux semaines de fortes tensions marquées par une série d'affrontements sanglants.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé de « prendre les mesures appropriées » contre ceux qui entravent le processus électoral. Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a averti qu'il « surveillait » la situation.


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