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Moyen Orient et Monde - Éclairage

El-Qaëda vise le talon d’Achille de l’Occident : son économie

Colis piégés, actes isolés de kamikazes, tentatives avortées qui sèment la peur : c'est ce qu'AQPA appelle « la stratégie des mille blessures ».
Depuis la crise financière de 2008, les adeptes d'el-Qaëda ont compris que l'économie occidentale était plus vulnérable et multiplient les attaques visant à ruiner leurs ennemis, soulignent des analystes. C'est « la stratégie des blessures conduisant à la faillite », déclare l'Américain Daveed Gartenstein-Ross, directeur du Centre pour l'étude de la radicalisation terroriste à la Fondation pour la défense des démocraties, un centre de réflexion de Washington. « Oussama Ben Laden pense sincèrement qu'il a participé à ruiner l'Union soviétique en Afghanistan, et son but est de faire la même chose avec les États-Unis », explique-t-il. L'expert américain fait un lien avec « les guerres d'Irak et d'Afghanistan, incroyablement chères : les dépenses dues à ces conflits, mais aussi aux mesures de sécurité internationales, sont des questions légitimes qui doivent être posées ».
En une de la dernière édition de leur cybermagazine Inspire, réalisé en anglais par el-Qaëda dans la péninsule arabique (AQPA), les jihadistes ont mis un chiffre en gros caractères : 4 200 dollars. C'est le maigre budget de ce qu'ils ont appelé « l'opération hémorragie » : l'envoi depuis Sanaa de colis piégés vers les États-Unis, via des sociétés américaines de fret aérien. Les bombes ont été interceptées, mais l'onde de choc a parcouru tout le secteur, et de coûteuses mesures de sécurité supplémentaires sont à l'étude. « Depuis le début, notre objectif était économique, affirme AQPA. Forcer l'Occident à installer des dispositifs de sécurité assez efficaces pour détecter nos engins piégés va faire peser un lourd fardeau économique supplémentaire sur des économies déjà défaillantes. »
« Ils ont changé leur stratégie au cours des deux dernières années, explique Daveed Gartenstein-Ross. Si les aspects économiques de leurs actions ont toujours été importants pour eux, depuis la crise de 2008 ils se focalisent davantage sur des attaques de moindre envergure, sachant que les répercussions économiques joueront en faveur des terroristes. » Colis piégés, actes isolés de kamikazes, tentatives avortées, attentats plus ou moins bien montés mais qui sèment la peur : c'est ce qu'AQPA appelle « la stratégie des mille blessures : le but est de faire saigner l'ennemi à mort ».
Pilonnés par les missiles tirés par les drones américains dans leurs refuges des zones tribales pakistanaises, traqués dans leurs déplacements, leurs filières et leurs transferts de fonds surveillés, les chefs d'el-Qaëda ont trouvé dans ces attaques contre l'économie occidentale une façon de menacer, d'exister et de continuer à compter sur l'échiquier mondial. D'autant qu'elles peuvent être menées par des partisans, des émules, des militants avec lesquels, experts et policiers du monde entier en sont persuadés, ils n'ont pas besoin d'être en contact. Il leur suffit de louer leurs actions sur Internet une fois l'opération effectuée, même si elle a échoué.
Abdel Bari Atwan, directeur du journal al-Quds al-Arabi et auteur de l'Histoire secrète d'el-Qaëda, est l'un des rares journalistes à avoir plusieurs fois interviewé Oussama Ben Laden. « Il m'a dit que son but était d'attirer les Américains sur des terres arabes : ils sont tombés dans le piège », explique-t-il, ajoutant : « Le coût de leur "guerre à la terreur" depuis le 11-Septembre est (...) phénoménal, autant que l'argent consacré au renflouement des banques. » « Les attaques contre le transport aérien ne sont pas nouvelles : el-Qaëda l'a toujours pris pour cible pour créer la panique et affecter l'économie : ils sont en train de réussir », estime encore ce spécialiste.
Depuis la crise financière de 2008, les adeptes d'el-Qaëda ont compris que l'économie occidentale était plus vulnérable et multiplient les attaques visant à ruiner leurs ennemis, soulignent des analystes. C'est « la stratégie des blessures conduisant à la faillite », déclare l'Américain Daveed Gartenstein-Ross, directeur du Centre pour l'étude de la radicalisation terroriste à la Fondation pour la défense des démocraties, un centre de réflexion de Washington. « Oussama Ben Laden pense sincèrement qu'il a participé à ruiner l'Union soviétique en Afghanistan, et son but est de faire la même chose avec les États-Unis », explique-t-il. L'expert...
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