M. de Villepin n'a pas cité de noms mais, ces soupçons visent le financement de la campagne présidentielle en 1995 du Premier ministre d'alors, Édouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole et ministre du Budget. Édouard Balladur, soutenu par Nicolas Sarkozy, avait été alors battu au premier tour par son ex-mentor Jacques Chirac dans une bataille fratricide qui allait laisser des traces profondes. À l'époque, Nicolas Sarkozy entamait une longue traversée du désert, alors que Villepin, fidèle chiraquien, devenait secrétaire général de l'Élysée. La haine entre les deux hommes se cristallise à ce moment-là.
Dès son élection, Chirac a décidé de stopper le versement de commissions afin d'interrompre d'éventuelles rétrocommissions au profit du camp de Balladur qui, lui, a toujours démenti tout financement illicite de sa campagne.
La justice se demande si l'arrêt du versement de ces commissions n'a pas provoqué en représailles un attentat à Karachi en 2002, qui a coûté la vie à 11 Français de la Direction des constructions navales. C'est la thèse des représentants des familles des victimes. Samedi, Nicolas Sarkozy a dénoncé « des commentaires politiciens qui ne sont vraiment pas à la hauteur de la douleur des familles ».
Ce nouvel affrontement entre Sarkozy et Villepin n'est qu'un énième avatar de la rivalité qui oppose les deux hommes. L'épisode le plus vif a eu lieu dans l'affaire Clearstream, vaste histoire de listings bancaires falsifiés mettant en cause Nicolas Sarkozy, dans laquelle M. de Villepin est poursuivi pour « dénonciation calomnieuse ». Villepin a été relaxé en première instance, mais le parquet a fait appel du jugement. En attendant un second procès, qui se tiendra en mai 2011, Villepin, qui n'exclut pas de se présenter à la présidentielle en 2012, a lancé son propre mouvement, République solidaire, tout en restant membre du parti de la majorité et en accusant Sarkozy d'être devenu « un problème pour la France ». Des outrances qui lui valent cependant un isolement croissant à droite, où ses amis l'abandonnent peu à peu pour devenir ministres de... Nicolas Sarkozy.


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