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Nos lecteurs ont la parole

Le double piège de Hezbollah

À la suite de la prestation télévisée du secrétaire général du Hezbollah (du jeudi 28 octobre 2010 - NDLR), on est en droit de se demander si le piège qu'il a tendu aux enquêteurs internationaux va se refermer sur lui.
Il est notoire que le Hezbollah était parfaitement au courant de la visite des enquêteurs du TSL à la gynécologue et qu'il avait autorisé cette visite uniquement dans le but d'organiser une manifestation contre les enquêteurs, ce qui permit à sayyed Hassan Nasrallah de lancer son ultimatum au gouvernement et au peuple libanais, traitant tous ceux qui coopéreraient avec le TSL d'ennemis de la Résistance. Rappelons au passage que la gynécologue avait annulé ses rendez-vous en prévision de la visite en question et avait aussi pris la peine de solliciter l'avis de l'ordre des médecins et certainement celui du Hezbollah. La présence inopinée de dizaines de femmes arrivées par bus comme par hasard indique un coup monté de la part du Hezbollah.
Mais là n'est pas le point ! Pourquoi Hassan Nasrallah a-t-il décidé de faire monter la pression de plusieurs
crans ? L'État c'est moi, a-t-il dit en substance, invitant la question subsidiaire suivante. Si ceux qui coopèrent avec le tribunal sont considérés comme des traîtres à la Résistance, que dire alors de ceux qui ont comploté depuis 2005 pour effacer les traces du crime, supprimer les voix discordantes et retarder la formation du tribunal en verrouillant les portes du Parlement ? Des complices du crime ? Est-il plus important de protéger la Résistance contre une décision du tribunal qui risquerait d'inculper certains de ses membres ou de protéger les Libanais de ceux qui cherchent à infléchir leur volonté en ayant recours aux assassinats politiques ? À court d'arguments, Nasrallah ne craint plus de s'enfoncer en usant de menaces ouvertes.
Concluant que les efforts saoudiens visant à retarder la publication de l'acte d'accusation du TSL ou à l'annuler avaient abouti à une impasse, Hezbollah estima que seule une annulation de cet acte d'accusation lui conviendrait. Un report le maintiendrait comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la Résistance. À défaut, il espérait que les menaces qu'il proférait contre la paix civile amèneraient les Saoudiens à faire prévaloir auprès du 14 Mars l'idée de déclarer d'avance que l'acte d'accusation du TSL qui inculperait des éléments du Hezbollah serait nul et non avenu quels que soient ses fondements. Or, le 14 Mars continua à résister face à ces menaces. Les informations selon lesquelles le TSL était proche de la publication de l'acte d'accusation et la possibilité que celui-ci soit publié en plusieurs étapes, maintenant la pression sur le Hezbollah, achevèrent de convaincre le secrétaire général du parti de Dieu qu'il était temps de passer à l'action.
L'avertissement télévisé prépare le terrain pour le plan B qui mènerait à faire sauter le tribunal de l'intérieur en créant d'une part une crise gouvernementale, si le gouvernement n'obtempérait pas aux desiderata du 8 Mars visant à renvoyer l'affaire des faux témoins devant le Conseil supérieur de la magistrature, et de l'autre en portant le Parlement à déclarer que l'accord entre le gouvernement libanais et l'ONU portant sur la création du TSL était illégal, et finalement en ayant recours à des manifestations de rue qui auraient un caractère sécuritaire. La publication de l'acte d'accusation par le TSL accélérerait les plans du Hezbollah.
Sur le plan régional, la Syrie, qui prépare son retour sur la scène libanaise depuis des années, est-elle prête à recourir à la force par le biais d'un Hezbollah acquis à l'Iran ? C'est bien là son dilemme. Elle qui cherche à retrouver son rôle d'avant 2005 au Liban grâce au Hezbollah et à ses alliés politiques hésite à donner un feu vert militaire afin d'éviter que ces affrontements incontrôlés ne se transforment en une victoire iranienne qui réduirait sérieusement sa marge de manœuvre comme interlocuteur privilégié de l'Occident à la frontière nord d'Israël. Or, récupérer la carte de pression libanaise sur Israël, perdue en 2005, demeure un de ses objectifs stratégiques fondamentaux. Mais elle devrait la partager avec l'Iran cette fois-ci, ce qui ne l'arrange pas nécessairement. Augmenter la pression politique à travers des déclarations outrageantes demeure son seul atout.
Mais les temps ont changé et les mises en garde américaines à la Syrie et à l'Iran leur enjoignant de maintenir la paix et la stabilité au Liban ainsi que les déclarations du département d'État américain accusant Damas de déstabiliser le pays du Cèdre tant sur le plan politique que par le soutien militaire qu'il accorde à Hezbollah réduisent son rôle de pivot au Proche-Orient. La Syrie est donc prise en étau entre le maintien de sa crédibilité internationale, ses intérêts régionaux, les accusations du TSL et la nécessité de récupérer son rôle au Liban. Une condamnation du Hezbollah au Conseil de sécurité de l'ONU accompagné d'un avertissement à la Syrie ne la fera certes pas fléchir mais lui imposera de nouvelles limites, alors que les pressions turques et saoudiennes l'amèneront à redéfinir son cadre d'action au Liban ne serait-ce que pour préserver un rôle régional prépondérant.
Dans ce délicat jeu de balancier, une décision d'affrontement armé au Liban comporte de tels risques qu'ils empêchent par là même sa réalisation. Malheureusement les faux calculs comme l'assassinat de Hariri, l'enlèvement des soldats israéliens en 2006, le 5 Mai ou le 7 Mai 2008 sont plutôt la règle au Liban.

À la suite de la prestation télévisée du secrétaire général du Hezbollah (du jeudi 28 octobre 2010 - NDLR), on est en droit de se demander si le piège qu'il a tendu aux enquêteurs internationaux va se refermer sur lui.Il est notoire que le Hezbollah était parfaitement au courant de la visite des enquêteurs du TSL à la gynécologue et qu'il avait autorisé cette visite uniquement dans le but d'organiser une manifestation contre les enquêteurs, ce qui permit à sayyed Hassan Nasrallah de lancer son ultimatum au gouvernement et au peuple libanais, traitant tous ceux qui coopéreraient avec le TSL d'ennemis de la Résistance. Rappelons au passage que la gynécologue avait annulé ses rendez-vous en...
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