Le colis adressé à M. Sarkozy contenait un livre religieux évidé, à la couverture bordeaux portant une croix d'or, rempli de poudre explosive. L'adresse de l'expéditeur indiquée sur le colis était celle du vice-Premier ministre du gouvernement grec, Theodore Pangalos, selon la police.
La police avait arrêté Panayotis Argyrou, 22 ans, étudiant en chimie, et Gérassimos Tsakalos, 24 ans, aux abords d'une agence de messagerie rapide.
Ils étaient porteurs d'un sac dans lequel se trouvaient deux colis piégés, l'un adressé à Nicolas Sarkozy et l'autre à l'ambassade de Belgique à Athènes, selon une source judiciaire.
Ils ont refusé de parler hier devant le juge d'instruction devant qui ils ont comparu, affirmant qu'ils « ne reconnaissaient pas la procédure », selon une source judiciaire. Outre « l'appartenance à une organisation criminelle », ils sont accusés d' « actions terroristes » (« détention et usage de bombes et d'explosifs ») et de délits tels le refus de déclarer leur identité ou de donner des empreintes digitales. Tous deux ont été placés en détention provisoire dans la prison de Korydallos, dans la banlieue ouest d'Athènes.
L'un des deux jeunes, Panayotis Argyrou, était par ailleurs recherché par la police pour appartenance à la « Conspiration des cellules de feu », un groupe de mouvance anarchiste actif depuis 2008, formé surtout de jeunes entre 20 et 25 ans et responsable d'une série d'attentats aux engins explosifs sans gravité contre des personnalités ou institutions politiques et économiques.
En septembre 2009, douze membres du groupe avaient été arrêtés et inculpés pour « appartenance à un groupe terroriste ». Trois avaient été placés en détention provisoire.
Après ces envois en série de colis piégés, la police enquête sur des liens éventuels de la « Conspiration des cellules de feu » avec l'affaire des colis piégés, qui contenaient des livres évidés et remplis d'une poudre provenant de pétards. Les explosions ont été décrites comme provoquant « un jet de flammes ». Un appel à témoin a été émis par les autorités qui ont rendu publiques les photographies de cinq hommes, âgés de 21 à 30 ans, recherchés pour leur appartenance présumée à ce groupe.
Parallèlement, les autorités examinent l'éventualité de l'existence d'autres colis piégés, selon une source policière. À la suite d'une réunion hier matin au ministère grec des Transports avec la participation de responsables de la police, de la poste grecque et des messageries rapides, le gouvernement a décidé d'intensifier les contrôles des courriers.


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